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Arménien
Introduction
L'arménien est une langue qui constitue à elle seule un groupe indépendant au sein de la famille des langues indo-européennes. On distingue en réalité trois états de langue différents :
# l'arménien ancien (ou grabar), écrit à partir du et véhiculant une riche littérature théologique, historique, poétique, mystique et épique ;
# l'arménien oriental, langue officielle de la république d'Arménie ; il est également parlé par la communauté arménienne d'Iran ;
# l'arménien occidental, parlé par la diaspora arménienne.
Le nombre total de locuteurs est évalué à 8 millions (dont un peu plus de 3 millions en Arménie).
L'arménien présente des ressemblances avec le grec (nombreux parallèles étymologiques, utilisation de l'augment, traitement particulier des laryngales de l'indo-européen), comme l'a souligné le linguiste français Antoine Meillet. D'autre part, les consonnes du proto-arménien ont connu la première mutation consonantique, ce qui le rapproche quelque peu des langues germaniques.
Au cours de son histoire, il a emprunté de nombreux mots au persan, puis au grec (), au turc (à partir du ), au français (à l'âge des croisades, puis à l'époque moderne), au latin (-s) et au russe (époque moderne).
L'arménien s'écrit au moyen d'un alphabet spécifique (créé au Ve siècle) (l'alphabet arménien).
Voir aussi
Liens internes
- Arménie
- génocide des arméniens: cf. sous-titre "Les génocides internationalement reconnus"
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues indo-européennes
Liens externes
- [http://languageserver.uni-graz.at/ls/lang?id=5 Armenian (Languages of the World)]
Catégorie:Arménie
Catégorie:Langue indo-européenne
ja:アルメニア語
th:ภาษาอาร์เมเนีย
Langue ko:언어 zh-min-nan:gí-giân ms:Bahasa ja:言語 simple:Language zh-cn:语言 zh-tw:語言
-
Une langue est un système de signes linguistiques vocaux, graphiques ou gestuels qui permet la communication entre les individus. Une définition linguistique de la langue précise que c'est un système de signes doublement articulés, c'est-à-dire que la construction du sens se fait à deux niveaux d'articulation. On trouve tout d'abord celui des entités signifiantes (morphèmes et lexèmes, ou monèmes) formant les énoncés puis celui des unités distinctives de sens (phonèmes) formant les unités signifiantes. Ces deux niveaux d'articulation déterminent les premiers niveaux de la description linguistique : phonologie, morphologie et syntaxe. André Martinet précise que l'ordre de description est nécessairement inverse de l'ordre de perception ou d'usage de la langue : la description commence par le deuxième niveau d'articulation (les phonèmes) pour aller vers le premier (la combinatoire des unités signifiantes).
On distingue généralement la langue (système de signes) et le langage (faculté humaine mise en œuvre au moyen d'un tel système). On distingue également, depuis Ferdinand de Saussure, la langue et la parole (c'est-à-dire l'utilisation effective du système de la langue par les locuteurs).
On appelle langue maternelle d'une personne la ou les langue(s) que cette personne a apprise(s) dans son enfance au cours de son apprentissage du langage.
Si la grande majorité des langues parlées dans le monde sont des langues naturelles, qui se sont formées spontanément à partir d'états de langue antérieurs, il existe cependant aussi des langues artificielles ou langues construites, comme l'espéranto, le volapük, l'ido l'interlingua, le lojban, ou encore le klingon, qui ont été créées consciemment par des individus.
Une langue est dite vivante lorsqu'elle est utilisée oralement par des personnes dont elle est la langue maternelle, ou par une communauté suffisamment nombreuse — et de façon suffisamment intensive — pour permettre une évolution spontanée de la langue (cas de l'espéranto).
On appelle langue morte ou éteinte une langue qui n'est plus pratiquée oralement comme langue maternelle, mais qui peut être encore utilisée dans certains domaines (tels que la religion). La connaissance des langues mortes, en permettant l'étude des textes anciens, est utile notamment à la linguistique historique, ainsi qu'à l'histoire et à ses disciplines annexes. Les deux langues mortes les plus importantes de la culture occidentale sont le latin et le grec ancien. L'expression « langue morte » est contestée par beaucoup de ceux qui les pratiquent. On lui préfère alors langue ancienne.
Il est possible de « ressusciter » des langues mortes, comme le montre l'exemple de l'hébreu.
Une langue vivante est rarement un système uniforme et rigide, elle varie généralement selon le lieu géographique (dialectes), le milieu social (sociolectes) et les individus (idiolectes) et, bien sûr, selon le temps, ce qui fait que, considérée à un moment donné, une langue est toujours en évolution et contient plusieurs états. Par exemple, le système phonologique des langues est en évolution constante, ce qu'étudie la phonétique historique.
Langues du monde
Il est impossible de déterminer avec précision le nombre de langues parlées dans le monde, en raison de la difficulté qu'il y a à tracer des frontières précises entre les langues, notamment à différencier les langues des dialectes. Selon les estimations, il existerait aujourd'hui entre 3000 et 7000 langues vivantes.
Un des problèmes essentiels qui se posent pour les langues du monde est celui de la préservation de la diversité. En effet, on prévoit que 90% des langues sont menacées d'extinction, car elles devraient disparaître d'ici 50 ans. La solution pour éviter cela réside dans le multilinguisme. Il s'agit de mettre en place de manière effective le bilinguisme ou le trilinguisme dans tous les territoires où existe une langue menacée d'extinction.
Voir aussi
- Linguistique
- Langage
- Langue ausbau
- Sociolinguistique
- Grammaire
- Parler dans le monde
- Langues régionales de France
Multilinguisme et traduction
- Dire « bonjour » dans le monde
- Nombres dans le monde
- Quiproquo
- Faux-amis
- Traduction
Langue écrite
- Écriture
- Sigles et pictogrammes
- Orthographe
- Lexicographie
Jeux de langue
- Calembours
- Contrepèteries
- Palindromes
- Virelangues
(Voir aussi : jeux de mots)
Bibliographie
- Cause toujours ! À la découverte des 6 700 langues de la planète, hors-série de mars-avril-mai 2003 de la revue Courrier International ;
- L'aventure des langues en occident – Leur origine, leur histoire, leur géographie, Henriette Walter, éditions Robert Laffont.
- Langues sans frontière de Georges Kersaudy
Liens externes
- [http://www.biblioconcept.com/EISTI/conceptotheque/langue.htm Le concept de langue]
- [http://www.word2word.com/course.html Répertoire de cours gratuits en ligne]
- [http://users.skynet.be/Landroit/indexj.html Cinquante jeux de langue en ligne]
- [http://www.loecsen.com/ Écouter les langues]
- [http://www.edulang.com/ Tous les logiciels d'apprentissage des langues]
Arménie
|- valign="top"
| Président
| Robert Kotcharian
|- valign="top"
| Premier ministre
| Andranik Margarian
|{{{{{{|
| Andranik Margarian
|L'Arménie est divisée en onze provinces (marzer, singulier - marz) :
- 1 Aragatsotn
- 2 Ararat
- 3 Armavir
- 4 Geghark'unik'
- 5 Kotayk'
- 6 Lorri
- 7 Shirak
- 8 Syunik'
- 9 Tavush
- 10 Vayots' Dzor
- 11 Erevan
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Diaspora arménienne
Il existe une diaspora arménienne depuis plusieurs siècles, d'abord des colonies de commerçants comme en Inde. Suite aux invasions musulmanes, de nombreux Arméniens chrétiens s'exilèrent, par exemple dans la République polono-lituanienne, sur l'ancien territoire duquel il subsiste de petites minorités arméniennes, en Pologne et en Roumanie notamment, auxquelles se sont ajoutées de nouvelles vagues ultérieurement. L'Ordre mékhitariste [http://www.armeniancatholic.org/inside.php?lang=en&page_id=43] date également de cette époque, installé en 1715 à Venise et pendant longtemps principal foyer culturel arménien.
Dans le sens inverse, des Arméniens furent invités à s'installer en Iran par un de ses empereurs pour y développer le commerce. Il resterait encore entre 100.000 et 200.000 Arméniens d'Iran, qui disposent de deux sièges réservés au Parlement iranien.
Mais la majeure partie de cette diaspora est constituée des survivants du génocide arménien de 1915 qui après avoir été déportés et dépossédés de leurs terres ont essayé de trouver refuge à travers le monde: dans la fédération de Russie (1,5 million), au Canada et aux États-Unis (1,2 million), en Afrique (900 000), en Syrie et au Liban (900 000), dans l'Union européenne (700 000) et en Amérique latine (200 000).
De nouvelles vagues de migrations arméniennes vers l'Europe, et surtout vers le Canada et les États-Unis d'Amérique, se sont produites après l'avènement des dictatures nassérienne en Égypte en 1952 et baassiste en Syrie en 1963, pendant la guerre civile au Liban (1975-1989) et après la révolution islamique en Iran (1979).
Les régions les plus importantes de la diaspora arménienne dans l'Union européenne sont en France: l'Île-de-France (Alfortville), Marseille et ses environs et le Lyonnais (Décines [http://www.decines.fr]).
Voir aussi
Articles connexes
- Arménie
- Histoire de l'Arménie
- Génocide arménien
- Films : Mayrig et 588, rue Paradis (réalisés par Henri Verneuil)
- Personnalités :
historiques
- Mékhitar de Sébaste
- Missak Manouchian
- Calouste Gulbenkian
contemporaines
- Charles Aznavour
- Patrick Devedjian
- Youri Djorkaeff
- Alain Prost
- Hélène Ségara
- Henri Troyat
- Jean Carzou
- Jean-Marie Carzou
- Les membres du groupe américain System of a Down
Liens externes
- [http://www.armenian.ch/~asa/Pages/main.html Association Suisse-Arménie]
- [http://www.cdca.asso.fr/s/index.php?r=0 Comité de Défense de la Cause Arménienne]
- [http://www.espoirpourlarmenie.org/ Espoir pour l'Arménie]
Catégorie:Arménie
Augmentcatégorie:Linguistique
Dans quatre langues indo-européennes – grec ancien (et grec moderne quand l'augment est tonique), sanskrit, arménien et phrygien) – il existe un préfixe flexionnel invariable fonctionnant en paire avec des désinences normales et s'utilisant pour les temps du passé de l'indicatif ; on le nomme augment.
Ainsi, de la même racine - bʰer-, « porter », l'on obtient les formes du passé suivantes (« il portait ») :
- grec : ἔ-φερε é-phere ;
- sanskrit : á-bharat ;
- arménien : e-ber.
Classer l'augment parmi les préfixes est un point de vue qui ne remporte pas l'unanimité (à la limite, parler d'un infixe serait parfois plus juste ; voir plus bas). Le procédé rappelle d'ailleurs le redoublement, qui soulève le même problème pour les langues indo-européennes.
Fonctionnement
On considère qu'il existe deux formes d'augments, selon la nature du premier phonème du mot ou du radical.
Augment syllabique
Il ajoute une syllabe au mot quand celui-ci commence par une consonne. En grec, par exemple, l'imparfait se construit au moyen de l'augment ἐ- e et des désinences voulues, comme dans ἐ-λάμϐαν-ον e-lámban-on « je prenais » (imparfait de λαμϐάν-ω lambán-ô).
Augment temporel
Dans les verbes à initiale vocalique, cependant, l'augment est asyllabique et consiste en un allongement de la première voyelle radicale (on parle d'un augment temporel ; c'est un cas de flexion interne) : ainsi en sanskrit, l'imparfait du verbe aś- « manger » (construit avec un infixe alternant -nā- / -nī-) est āś-nā-m. Dans les faits, la dichotomie augment syllabique / augment temporel est secondaire : à l'origine, il n'existait qu'un augment syllabique. Lorsque le radical verbal commence par une voyelle, c'est par contraction que l'on obtient une voyelle longue (āś-nā-m provient simplement de - a-aś-nā-m).
Dans les verbes commençant par une voyelle ι- i- ou υ- u- en grec, cependant, l'augment temporel est un allongement simple qui ne peut remonter à une contraction avec le préfixe έ- e-. Il est certain que cet allongement est analogique de celui que subissent les autres verbes. Par exemple, le verbe ὑφαίνω hŭphaínô, « tisser », utilise un thème ὕφην- hū́phên- à l'aoriste.
Place de l'augment
Point notable : l'augment précède la racine et fonctionne comme un préverbe inséparable. Ainsi, dans un verbe composé, l'augment se place après d'éventuels préfixes. Par exemple :
- sanskrit : présent apa-bharati → imparfait apā-bharat, « il emportait » (c'est-à-dire - apa-a-bhar-at, avec sandhi par contraction entre la voyelle finale du préverbe apa- et l'augment) ;
- grec : prés. ἀπο-φέρω apo-phérô → impft ἀπ-έ-φερον ap-é-pheron, « j'emportais » (avec élision de la voyelle finale du préverbe ἀπο- apo- devant l'augment).
Dans ces deux langues, placer une voyelle entre deux morphèmes d'un verbe entraîne très souvent des modifications dues aux règles de sandhi. Par exemple, en grec le verbe συλ-λέγω sul-légô fait συν-έ-λεγον sun-é-legon, « je réunissais », à l'imparfait car le préverbe συν- sun-, « avec » (comme dans syn-onyme), passé à συλ- sul- devant le λ l du radical par assimilation régressive reprend sa forme étymologique une fois que l'augment s'est intercalé.
Origines
On ne peut affirmer avec certitude que ce procédé est bien d'origine indo-européenne, vu qu'à part dans ces quatre langues, l'augment n'apparaît nulle part ailleurs. Il est possible de penser que l'augment était à l'origine une particule temporelle, qui s'est adjointe au verbe par univerbation.
Article connexes
- Redoublement ;
- affixe ;
- morphologie ;
- conjugaisons du grec ancien ;
- conjugaisons du sanskrit.
Laryngale
La théorie des laryngales est une hypothèse échafaudée par le linguiste suisse Ferdinand de Saussure, puis reprise et améliorée par le Danois H. Möller pour expliquer certains traits du vocalisme en indo-européen et proto-indo-européen.
Selon cette hypothèse, les voyelles /e/, /a/ et /o/ seraient issues d'une combinaison de la voyelle élémentaire /e/ avec trois phonèmes aspirés idoines (les laryngales) H1, H2, H3, qui auraient modifié le timbre du /e/ initial, pour donner les trois voyelles e, a et o selon le schéma suivant :
Les voyelles de la première ligne sont courtes, celles de la deuxième, longues.
Histoire de la théorie
Après sa formulation initiale, il faut attendre 1927, pour que le linguiste polonais Jerzy Kuryłowicz annonce que la langue hittite, récemment découverte, avait gardé des traces des phonèmes H2 et H3, alors que H1 s'était amui dans cette langue. Un phénomène unique, aucune autre langue indo-européenne n'ayant gardé trace des laryngales, sinon sous la forme des voyelles résultantes. Cette découverte fut donc considérée comme une preuve irréfutable de la validité de l'hypothèse des laryngales.
D'autres linguistes, particulièrement à partir des années 1950, ont considéré qu'il convenait d'attribuer jusqu'à trois « formes » aux laryngales (sourde, sonore, vélaires), créant ainsi la bagatelle de neuf sons laryngaux.
Si la théorie des laryngales a été portée par des linguistes de renom, dont Émile Benveniste, elle a également été critiquée, notamment par Oswald Szemerényi (Einführung in die vergleichende Sprachwissenschaft), pour qui la seule laryngale vraiment attestée est le simple /h/, le proto-indo-européen possédant le même système vocalique à six grades (/a,e,i,o,u/ brefs et long + schwa /ə/) que l'indo-européen « classique ».
ko:후두음 이론
Antoine Meillet
Meillet, Antoine Meillet, Antoine Meillet, Antoine
Antoine Meillet (né Paul-Jules-Antoine Meillet 11 novembre 1866 - 21 septembre 1936) est le principal linguiste français des premières décennies du XX siècle.
Étudiant à la Sorbonne à partir de 1885, il suit notamment les cours de Michel Bréal au Collège de France et de Ferdinand de Saussure à l'École pratique des hautes études. En 1890, une mission d'un an dans le Caucase lui permet d'étudier l'arménien moderne. À son retour en France, il assure à la suite de Saussure le cours de grammaire comparée, qu'il complète à partir de 1894 par une conférence sur l'iranien.
En 1897, il soutient sa thèse de doctorat (Recherches sur l'emploi du génitif-accusatif en vieux-slave). En 1902, il obtient la chaire d'arménien de l'École des langues orientales. En 1905, il occupe la chaire de grammaire comparée au Collège de France, où il consacre ses cours à l'histoire et à la structure des langues indo-européennes.
Secrétaire de la Société de linguistique de Paris, il est élu à l'Académie des inscriptions et Belles-Lettres en 1924.
Il a formé toute une génération de linguistes français, parmi lesquel Emile Benveniste, Marcel Cohen, Georges Dumézil, André Martinet, Aurélien Sauvageot, Lucien Tesnière, Joseph Vendryes.
Il a influencé aussi un certain nombre de linguistes étrangers. Il est notamment l'inspirateur de la définition de la phrase adoptée par le linguiste américain Leonard Bloomfield. Il a également été le premier à identifier le phénomène de la grammaticalisation.
Antoine Meillet et les études homériques
A la Sorbonne, Meillet surveille le travail Milman Parry. En 1923, un an avant que Milman Parry ne commence son travail avec Meillet, Meillet écrit ceci (cité dans la première des deux thèses de Milman Parry, à savoir, celle qui traite de l'épithète homérique):
L'épopée homérique est entièrement composée de formules, transmise de poète en poète. Un examen de n'importe quel passage revélera vite qu'il est fait de vers et de fragments de vers qui sont reproduits mot pour mot dans un ou dans plusieurs autres passages. Et même des vers, dont les parties ne se retrouvent pas dans un autre passage, ont un le caractère d'une formule, et c'est sans aucun doute par un pur hasard qu'ils ne sont pas attestés ailleurs.
Meillet dirige Parry vers l'étude de comment la readition orale opère dans son cadre natif et lui suggère d'observer les mécanismes d'une tradition orale vivante plutôt qu'un simpole texte (i.e. l'Iliade) qui semble avoir les marques de la tradition orale sur lui. En conséquence, Meillet présente Parry au savabt originaire de Prague Matija Murko, qui avait longument écrit sur la tradition héroïque épique dans les Balkans chez les Slaves du Sud. A partir de cette recherche, qui est à présent hébergée par l'Université de Harvard, Parry et son élève, Albert Lord, ont révolutionné les études homériques.
Principaux ouvrages
- Esquisse d'une grammaire comparée de l'arménien classique, 1903.
- Introduction à l'étude comparative des langues indo-européennes, 1903.
- Les dialectes indo-européens, 1908.
- Aperçu d'une histoire de la langue grecque, 1913
- Linguistique historique et linguistique générale, 1921.
- Esquisse d'une histoire de la langue latine, 1928.
- La méthode comparative en linguistique historique, 1928.
- Dictionnaire étymologique de la langue latine, 1932 (en collab. avec Meillet (Antoine 1866-1936), éd. augmentée, par Jacques André (1910-1994), Paris : Klincksieck, 2001, ISBN 2-252-03359-2 Notice n° : FRBNF37707942)
Langues germaniques
-
Germaniques
Les langues germaniques sont des langues indo-européennes. Elles étaient d'abords parlées par les peuples germaniques, qui vivaient initialement aux frontières nord-est de l'Empire romain. Ces langues partagent plusieurs traits uniques, parmi lesquels d'importantes mutations consonantiques décrites par les lois de Grimm et de Verner (auxquelles on peut ajouter la seconde mutation consonantique pour le vieil haut allemand) ainsi qu'un lexique conséquent composé de radicaux non indo-européens.
Liste et classification
Pour voir la liste complète des langues par familles dont cette liste est tirée.
- branche orientale
- gotique
- burgonde
- branche occidentale
- anglo-frison
- anglais
- frison
- scots
- germano-néerlandais
- bas-allemand
- néerlandais
- afrikaans
- allemand du Nord
- bas-saxon
- haut-allemand
- moyen-allemand
- - moyen-allemand occidental
- - francique mosellan
- - francique rhénan
- - francique luxembourgeois, luxembourgeois
- - hessois
- - francique ripuaire
- - moyen allemand oriental
- - thuringien
- - haut-saxon
- allemand supérieur
- - allemand
- - allemand pennsylvanien
- - francique oriental
- - francique méridional
- - bavarois
- - alémanique
- - alsacien
- - souabe
- - suisse alémanique
- yiddish
- branche nordique, septentrionale ou scandinave
- sous-groupe occidental
- vieux norrois
- islandais
- norvégien nynorsk (landsmål)
- féroïen
- sous-groupe oriental
- danois
- norvégien bokmål (riksmål)
- suédois
Écriture
Certaines langues germaniques les plus anciennes utilisaient un alphabet runique adapté à leurs besoins. L'utilisation des runes, cependant, est restée assez limitée. Les langues germaniques orientales se sont quant à elles servies de l'alphabet gotique de Wulfila, principalement dans les traductions de la Bible en gotique.
C'est plus tard que les prêtres et les moines chrétiens d'origine germanique qui utilisaient le latin en plus de leur langue maternelle ont commencé à utiliser l'alphabet latin pour noter leur propre langue.
Il a fallu pour ce faire étendre les capacités, somme toute réduites de l'alphabet latin, en développant l'usage de diacritiques (l'umlaut en allemand : ä, ö, ü, le rond en chef en suédois, danois et norvégien : å, etc.), de ligatures (æ en vieil anglais, en islandais, danois et norvégien, eszett ß en allemand, etc.) de digrammes (ch en anglais, allemand, etc., sh en anglais, sch en allemand, etc.) et de lettres supplémentaires (thorn þ et edh ð en vieil anglais et islandais, yogh ȝ et wynn ƿ en vieil anglais, etc.).
Consulter aussi Transcription des langues germaniques.
Vocabulaire
Liens
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues indo-européennes
Persan
Introduction
Le persan (فارسی), parfois aussi appelé farsi (appellation locale en Iran et en Afghanistan), parsi (appellation locale ancienne, encore utilisée par certains locuteurs), tadjik (un dialecte d'Asie centrale) ou dari (appellation locale en Afghanistan), est une langue parlée en Iran (plus de 60 millions de locuteurs), en Afghanistan (5 millions), au Tadjikistan, au Bahrein et en Ouzbékistan. Il a le statut de langue officielle dans les trois premiers pays cités. Il compte au total plus de 75 millions de locuteurs et appartient au groupe indo-iranien de la famille des langues indo-européennes. C'est une langue du type "sujet-objet-verbe". Farsi et dari s’écrivent aujourd’hui au moyen d'une variante de l'alphabet arabe. Le tadjik s’écrit en caractères cyrilliques.
Bien qu’utilisant une forme de l'alphabet arabe, le persan est n'a aucune parenté avec la langue arabe, dont la grammaire et les sonorités sont complétement différentes.
Histoire
Le persan est un membre du groupe indo-iranien (aryen) de la famille linguistique indo-européenne. Les linguistes reconstituent ainsi l'évolution de cette branche: vieux-persan (avestique et persan achéménide) → moyen-persan (pahlavi, parthe et persan sassanide) → persan moderne (dari, etc.).
Il ne faut pas confondre le vieux-persan, la langue de la plupart des inscriptions achéménides, avec la langue élamite, qui n'est pas indo-européenne. Au cours du temps, la morphologie de la langue a été grandement simplifiée et la conjugaison et la déclinaison complexes des origines a cédé la place à la morphologie régulière et à la syntaxe rigide que l'on connaît aujourd'hui. Cette évolution est souvent comparée au développement de l'anglais. En outre, de nombreux mots provenant des langues avoisinantes (araméen et grec dans les temps anciens, plus tard l'arabe et, dans une moindre mesure, le turc) ont été introduits dans le vocabulaire persan. Plus récemment, les emprunts aux langues européennes (principalement au français et à l'anglais) ont été les plus fréquent.
Voir aussi
Articles connexes
- Perse
- persan (homonymie)
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues indo-européennes
- - langues indo-iraniennes
- - langues iraniennes
Liens externes
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/iranien.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire iranien-français/français-iranien.
- [http://languageserver.uni-graz.at/ls/lang?id=4643 Western Farsi (Languages of the World)]
-
ja:ペルシア語
ko:페르시아어
th:ภาษาเปอร์เซีย
Turc
Introduction
Le turc (en turc Türkçe ou Türk Dili) appartient à la famille des langues turques, considérée souvent comme une sous-classe des langues altaïques. Bien que les langues d'autres pays turcophones (principalement des républiques de l'ancienne URSS) soient proches du turc (surtout l'azéri et le turkmène), il existe tout de même d'importantes différences entre ces langues, qu'elles soient d'ordre phonologique, grammatical ou lexical.
Le turc utilisé dans des pays comme la Bulgarie, la Grèce (surtout en Thrace occidentale), Chypre, la République de Macédoine et la Roumanie est aussi nommé « turc ottoman » (Osmanlı Türkçesi). Tous pays confondus, il existe, d'après le World Agenda de 1999, 61 millions de locuteurs, dont plus de 46 millions en Turquie elle-même.
Le turc est, typologiquement, une langue fortement agglutinante. Elle utilise principalement des suffixes et très peu de préfixes. C'est une langue SOV (Sujet-Objet-Verbe). Elle utilise un système complexe d'harmonie vocalique, décrit en détail dans l'article consacré à ce sujet.
Le turc a connu différents systèmes d'écritures dont, principalement et par ordre chronologique, l'alphabet de l'Orkhon (qualifié parfois de runiforme du fait de sa ressemblance fortuite avec les runes scandinaves, mais aussi de köktürk ou de sibérien), l'alphabet ouïghour et l'alphabet arabe (consulter aussi Adaptations de l'alphabet arabe). Ce dernier a été utilisé pour noter le turc d'Anatolie du au 1 novembre 1928, date à laquelle la romanisation décidée par Mustafa Kemal (Kemal Atatürk) est devenue officielle, dans le cadre de sa politique à la fois nationaliste et visant la modernisation de la société turque.
Depuis lors, c'est l'alphabet latin qui est utilisé, enrichi de diacritiques (la cédille, l'accent circonflexe et la brève) ainsi que d'une lettre typographiquement étonnante, i sans point, ı, ce qui implique également un i majuscule avec point İ.
La lettre ı sert à noter le ou non arrondi (« i vélaire » ou « tendu », appellations traditionnelles mais trop dépendantes de la graphie pour pouvoir décrire correctement le son correspondant), représenté par [ɯ] dans l’alphabet phonétique international.
L'alphabet turc est presque phonétique, ce qui signifie qu'on peut presque le prononcer simplement en le lisant (voir Prononciation du turc). Il existe cependant quelques irrégularités.
Exemples
Divers
- erkek = adam
- femme = Bayan (plus polie)
Voir aussi
Liens internes
- linguistique
- prononciation du turc
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues altaïques
- - langues turques
Liens externes
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/turc.html Dictionnaire Freelang] Dictionnaire turc-français/français-turc
- [http://apprendre-le-turc.hbayard.net/ Des QCM pour apprendre le turc]
Catégorie:Langue turque
ja:トルコ語
CroisadeLes croisades sont des campagnes militaires prêchées au nom de la libération de Jérusalem, conquise aux Arabes Abbassides par les Turcs en 1078. Les Turcs, à la différence des Arabes, avaient interdit aux pèlerins l'accès à Jérusalem et donc aux lieux saints, ce qui déclencha une réaction virulente des papes, qui firent partie de leurs instigateurs. Elles se sont déroulées entre les et s. Elles trouvèrent leur origine dans la volonté des catholiques de reprendre Jérusalem aux Turcs, mais l'identité d'emblème entre Turcs et Arabes – le croissant – ne permit pas à des seigneurs illettrés de distinguer les uns des autres, d'où un chassé-croisé qui s'installa dans la durée. Plus tard, des croisades furent lancées contre les autres nations païennes de l'Europe, telle que la Lituanie, et contre les hérétiques (les croisades contre les Hussites, 1418-1437). La Reconquista est formellement une croisade.
Reconquista
Le terme de croisade
À la fin du apparaissent les pèlerinages armés, dont le nom latin « iter hierosolymitanum » (voyage de Jérusalem) ne les distingue pas des pèlerinages individuels. C'est également sous ce nom que les contemporains ont pu désigner ce que nous appelons les premières croisades. Ils ont employé aussi les termes « passage général » (armées nationales) et « passage particulier » (expéditions ponctuelles, particulières).
Le Trésor de la langue française fait remonter l'expression « soi cruisier » (se croiser) à la Vie de St Thomas le martyr de Guernes de Pont-Sainte-Maxence datée de 1174, et le terme de « croisade » aux Chroniques de Chastellain datées d'avant 1475, notant qu'il s'agit d'un substitut de termes proches tels que « croisement », « croiserie » ou « croisière » qui sont plus anciens, sans qu'on puisse les signaler avant la fin du .
Il est donc clair que ce que nous appelons « première croisade » n'était pas appelé ainsi par ses contemporains.
Du point de vue musulman, les croisades ne sont d'ailleurs pas perçues comme une nouveauté, mais comme la continuation de la lutte contre l'Empire romain d'Orient, qui durait depuis plusieurs siècles.
Contexte historique
Empire romain d'Orient
La conquête de la Palestine par les Arabes (Jérusalem fut prise en 638) n'affecta guère le pèlerinage vers les lieux saints chrétiens, tels que Jérusalem, Bethléem, et Nazareth. Toutefois en 1009 le calife fatimide du Caire, al-Hakim, fit détruire le Saint-Sépulcre. Son successeur permit à l'Empire byzantin de le rebâtir, et le pèlerinage fut à nouveau autorisé.
Avec la défaite décisive de l'empire byzantin lors de la bataille de Manzikert en 1071, les Turcs Seldjoukides font prisonnier l’empereur Romain IV, le patriarche byzantin, puis prennent Jérusalem en 1078. On a longtemps dit qu'ils avaient interdit aux pèlerins chrétiens l'accès à la ville sainte. Cependant, Robert Mantran compte plusieurs pèlerinages, dont six entre les années 1085 et 1092, qui se sont déroulés sans que les sources ne mentionnent de difficultés particulières.
Au concile de Plaisance de juin 1095, les ambassadeurs de l'empereur byzantin Alexis Comnène réclament aux Occidentaux une assistance militaire pour lutter contre les Turcs. La lettre datée de 1095 adressée par Alexis Comnène au comte Robert II de Flandre, appelant au secours après une description apocalyptique de la situation des chrétiens sous le joug musulman (…) est un faux .
Parallèlement, l'Église romaine est en crise. Au terme d'un millénaire, le clergé a perdu de son prestige : il se prête aux simonies et au nicolaïsme et sape ainsi l'autorité morale de l'Église. Les premiers objectifs du concile de Clermont sont donc de tenter de poursuivre l'œuvre entamée par Grégoire VII afin de restaurer une certaine rigueur : Urbain II est issu de la révolution clunisienne et réaffirme les grands principes édictés par ses prédécesseurs : la « trêve de Dieu » et la « paix de Dieu ».
Les dernières années du sont une succession de mauvaises récoltes et le peuple, encouragé par certains prédicateurs, y voit une punition divine et un appel à la pénitence.
L'appel à la croisade est l'occasion de souder la chrétienté dans une quête sacrée et d'offrir aux seigneurs l'occasion de « purifier leur âme ». En effet, une indulgence plénière (absolution de tous les péchés) est accordée à ceux qui entreprennent le voyage.
Elle permet en outre de restaurer une certaine paix en offrant un exutoire aux pulsions belliqueuses des nobles européens qui peuvent ainsi assouvir leur soif de conquête et de richesse tout en assurant le salut de leur âme.
Notes :
in « Le concile de Clermont de 1095 et l'appel à la croisade », in actes du colloque universitaire international de Clermont-Ferrand (23 - 25 juin 1995), éditions de l'École Française de Rome, 1997, ISBN 2-7283-0388-6 p.341
Émilia Robin, les Croisades et l'empire byzantin, http://www.eleves.ens.fr/home/robin/histoire/medievale/croisades/11partie.html , site consulté le jeudi 5 mai 2005.
Réputation et évaluation
paix de Dieu
En Europe occidentale, les croisades ont été considérées traditionnellement comme des efforts héroïques, mais tous les historiens ne sont pas d'accord sur cette vision des choses. Dans le monde musulman, les croisades sont considérées comme des attaques cruelles et sauvages des chrétiens contre l'Islam. Actuellement, certains discours des intégristes islamiques utilisent le mot croisade dans ce contexte-ci quant aux actions de l'Ouest contre eux. L'orthodoxie voit aussi les croisades comme des attaques par l'Ouest, à cause du sac de Constantinople durant la quatrième croisade en 1204.
Il y a une concordance intéressante entre les termes croisade et jihad. À l'Ouest le terme croisade a des connotations positives (par exemple en politique on pourrait utiliser la formule croisade contre les drogues) alors que le terme jihad a des connotations négatives, associé à une guerre sainte fanatique. Dans le monde musulman - en particulier au Maroc, le terme jihad possède des connotations positives qui incluent également un sens de lutte personnelle et spirituelle contre soi-même, alors que le terme croisade a les connotations négatives décrites ci-dessus. Donc, pour traduire correctement les nuances de sens, l'emploi de jihad en langue arabe devrait être traduit en français par croisade + inquisition, alors que le terme arabe pour croisade devrait être traduit par jihad en français, ce qui ne correspond pas à sa réalité.
En réalité toutes les actions des croisés ne furent pas héroïques. Ils commirent des atrocités non seulement contre les musulmans mais aussi contre les juifs et les chrétiens. Par exemple la quatrième croisade n'arriva jamais jusqu'à la Palestine, mais au lieu de cela elle mit à sac Constantinople, la capitale de l'empire byzantin chrétien. Beaucoup de reliques et d'objets volés à Constantinople sont encore au Vatican, à Venise, et ailleurs. Cette croisade-ci aggrava les rancunes entre l'orthodoxisme et le catholicisme. L'Empire byzantin recouvre finalement Constantinople en 1261, mais sa puissance ne fut pas retrouvée, et l'empire fut vaincu par l'Empire Ottoman en 1453.
Première croisade 1096-1099
1453
Article de fond : première croisade
En 1096, l'empereur byzantin Alexis I Comnène demanda à l'Occident de l'aider à défendre son empire contre les Seldjoukides. Cette demande rejoignait les préoccupations du pape Urbain II (pontificat de 1088 à 1099) et du moine Pierre l'Ermite qui au cours d'un prêche public le 27 novembre 1095, dixième jour du Concile de Clermont, appela aux armes toute la chrétienté, un appel à la défense de la foi menacée par la nouvelle invasion musulmane et la prise de possession de l'Asie mineure par les Turcs : de Nicée dont l'Islam avait pris le contrôle 14 ans plus tôt, on pouvait à tout instant surprendre Constantinople. Le cri de « Dieu le veut ! » (« Dieu li volt ! ») devint le cri de ralliement général, et le pape demanda aux soldats de se marquer du signe de la croix. Cette guerre serait considérée comme pénitence pour les croisés, une indulgence plénière. Les croisés marchèrent vers Jérusalem, plusieurs villes chrétiennes sur leur route furent mises à sac. En 1099, ils s'emparèrent de Jérusalem, et tous les habitants encore dans la ville furent massacrés. À la suite de la première croisade, plusieurs petits États furent créés, notamment le Royaume de Jérusalem, qui subsista pendant un siècle. Antioche et Édesse furent aussi reprises.
Croisade de 1101
Édesse
Une croisade mineure fut envoyée en 1101 pour défendre le nouveau Royaume de Jérusalem. Les croisés furent décimés en cours de route.
Deuxième croisade 1147-1149
Article de fond : deuxième croisade
Après une période de paix avec les musulmans, Bernard de Clairvaux lança une nouvelle croisade quand la ville d'Édesse fut capturée par les Turcs. Les armées françaises et allemandes marchèrent sur l'Asie Mineure en 1147, mais elles échouèrent à vaincre les Turcs. En 1149, les chefs des deux armées retournèrent chez eux sans succès en Asie.
Troisième croisade 1189-1192
Article de fond : troisième croisade
En 1187, Saladin reprit Jérusalem. Le pape Grégoire VIII lança une autre croisade, qui fut menée par plusieurs des chefs les plus importants d'Europe : Richard Cœur-de-Lion, Philippe Auguste et Frédéric Ier Barberousse, empereur romain germanique. Frédéric se noya dans les eaux du Sélef (Asie Mineure) en 1190, laissant une alliance instable entre les Anglais et les Français. Philippe retourna chez lui en 1191 après que les croisés eurent repris Acre aux musulmans, tandis que Richard partit l'année suivante après avoir signé un traité avec Saladin.
Quatrième croisade 1202-1204
Article de fond : quatrième croisade
La quatrième croisade fut appelée par le pape Innocent III en 1202 et par Foulques de Neuilly, mais elle est détournée par les Vénitiens qui la financent et qui la dirigent contre l'Empire byzantin orthodoxe, afin d'accroître leurs possessions dans le secteur. Profitant des troubles internes de l'empire, les croisés s'allièrent avec Alexis IV, le fils de l'empereur byzantin déposé Isaac II, pour mettre en place l'Empire latin de Constantinople (1204-1261). La croisade se conclut avec le sac de Constantinople en 1204.
L'esprit originel des croisades était désormais mort, et les croisades successives peuvent être considérées comme la volonté du Pape de dominer le pouvoir séculier en détournant sa puissance militaire vers la Palestine et la Syrie.
Croisade des Albigeois
Article de fond : croisade des Albigeois
La croisade des Albigeois fut lancée en 1209 pour contrer la minorité divergente cathare (considérée comme hérétique) dans le sud de la France. La croisade est lancée par Innocent III, malgré les réticences du roi de France Philippe Auguste. Cette croisade est une défaite pour le pouvoir pontifical qui voulait en profiter pour accroître son pouvoir sur les souverains européens. La grande gagnante est la royauté française qui récupère une grande partie de territoire dans l'Occitanie.
Croisades des enfants
Il y en a eu plusieurs, en France et en Allemagne.
En 1212 à la suite d'une vision, le jeune Berger Estienne de Cloyes-sur-le-Loir rassemble des pèlerins et les mène vers Saint-Denis pour y rencontrer le roi Philippe Auguste.
À la même époque, d'autres groupes partent d'Allemagne et se rendent vers les ports de Gênes et de Marseille. Les chroniqueurs mentionnent que certains réussirent à embarquer et qu'ils furent vendus comme esclaves ou bien moururent de faim pendant le voyage. Certains réussisent à gagner Rome.
Quant à l’appellation de croisade des « enfants », elle serait en fait une traduction littérale du mot latin « puer » n'ayant pas dans ce contexte le sens du mot « enfant ». La croisade aurait été en fait composée de pauvres et de paysans ayant été exclus de la révolution économique du et croyant fermement que Dieu les soutiendrait dans leur entreprise.
Cinquième croisade 1217-1221
Article de fond : cinquième croisade
Le pape Innocent III prêcha une autre croisade au quatrième concile de Latran en 1215. Les armées de la Hongrie, de l'Autriche, et de la Bavière prirent Damiette à l'Égypte en 1219, mais le légat du pape Pelagius d'Albanie les persuada d'attaquer le Caire, tandis qu'une inondation du Nil les força à capituler devant les Égyptiens.
Sixième croisade 1228-1229
Article de fond : sixième croisade
En 1228, l'empereur romain germanique Frédéric II, bien qu'opposé au pape – il fut excommunié en 1227 et 1239 – embarqua à Brindisi pour la Syrie. Fin diplomate, il gagna Jérusalem (dont il se fit proclamer roi), Nazareth et Bethléem. Il sera démis par le pape Innocent IV au concile de Lyon.
Septième croisade 1248-1254
Article de fond : septième croisade
Les Templiers attaquèrent l'Égypte en 1243, et en 1244 les Korasmiens reprirent Jérusalem. Louis IX de France fit une croisade sans succès contre Chypre, l'Égypte, et la Syrie en 1248-1254. Il partit d'Aigues-Mortes en France.
Croisade des Pastoureaux 1251
Article de fond : croisade des Pastoureaux
Croisade de « petites gens », paysans ; elle fût provoquée en 1251 par la captivité de saint Louis pendant la septième croisade.
Huitième croisade 1270
Article de fond : huitième croisade
La huitième croisade fut menée aussi par Louis IX, contre Tunis en 1270 ; il s'embarqua également à Aigues-Mortes. Louis IX mourut au cours de cette croisade.
Neuvième croisade 1271-1272
Article de fond : neuvième croisade
Édouard I d'Angleterre entreprit une autre croisade en 1271, mais il ne rencontra pas le succès et retourna chez lui l'année suivante. Avec la chute de la Principauté d'Antioche (1268), du Comté de Tripoli (1289) et d'Acre (1291), l'occupation chrétienne en Syrie prit fin.
Voir aussi
Bibliographie
- Bibliographie sur les croisades
- René Grousset, L'épopée des croisades, éd. Marabout, ISBN 2-501-00131-1
- Jean Richard, Histoire des croisades, éd. Fayard
- Jonathan Riley Smith, Camille Cantoni (trad.), Atlas des croisades, éd. Autrement, 1998, ISBN 2-862-553-0
- [http://www.callisto.si.usherb.ca/~croisade/Yves_intro.htm Yves Gravelle, Le problème des prisonniers de guerre pendant les croisades orientales (1095-1192), mémoire de maîtrise ès Arts en Histoire, Université de Sherbrooke, 1999]
Articles connexes
- Royaume de Jérusalem
- Principauté d'Antioche
- Comté d'Édesse
- Comté de Tripoli
- Royaume de Chypre
- Acre
- comté de Jaffa
- Bataille de Hattin
- Bataille d'Arsouf
- Bataille de Varna
- Ordre des pauvres chevaliers du Christ du Temple de Salomon ou Templiers
- Ordre de Saint-Jean de Jérusalem ou Hospitaliers
- Ordre de Sainte-Marie des Teutoniques ou Teutoniques
- Renaud de Châtillon
- Les Croisades vues par les Musulmans
- Liste des principaux chefs croisés
- Liste des principaux chefs musulmans
- Pèlerinage de Jérusalem
- Pélerins célèbres antérieurs aux Croisades
Liens externes
- [http://www.jerusalem-pedibus.net/site_fr/genes_fr.html Histoire du pèlerinage de Jérusalem]
-
Catégorie:Histoire militaire du Moyen Âge
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Latin
Introduction
Le latin est une langue italique de la famille des langues indo-européennes, aujourd'hui considérée comme éteinte, même si elle continue d'être utilisée et développée comme langue écrite. Utilisée par les Romains, elle resta jusqu'au XVIIe siècle la langue principale de la diplomatie internationale, puisqu'elle était la seule langue commune à toutes les parties.
Langue liturgique et officielle de l'Église catholique (textes doctrinaux ou disciplinaires, droit, etc.), elle est toujours une des trois langues officielles de l'État du Vatican. Elle est encore partiellement une langue d'enseignement dans les universités pontificales romaines. Son enseignement au futur clergé en tant que langue parlée est généralement abandonné dans les séminaires locaux.
Le latin reste cependant étudié et utilisé comme langue de culture. Il conserve un réel succès d'estime auprès de nombreuses personnes qui la pratiquent couramment (voir Vicipaedia : cette version latine de Wikipedia compte 4000 articles, témoignant du nombre et de la passion des locuteurs).
Le latin est la langue-mère des langues romanes.
Histoire
Plusieurs langues européennes dérivent directement du latin vulgaire (c'est-à-dire des variantes parlées par le peuple et non la langue littéraire), les langues romanes, comme le catalan, le castillan, le français, l'italien, le portugais, l'occitan, le romanche, le roumain, etc. D'autres langues lui ont emprunté un très large vocabulaire, comme l'albanais (par proximité) ou l'anglais (par l'intermédiaire de l'ancien français ou par l'occupation romaine d'une grande partie de l'Angleterre). Le latin ayant été pendant des siècles la langue savante (et, en France, celle de l'enseignement, du au ) et la langue de l'Église catholique romaine, son influence en Europe s'est fait sentir dans un grand nombre de langues.
Latin médiéval
On parle parfois de bas-latin pour désigner le latin de la fin de l'Antiquité et du début du Moyen Âge, pour lequel on peut parler de latin médiéval, par opposition au latin classique de Cicéron.
De nombreux termes empruntés aux langues germaniques se sont ajoutés au vocabulaire. Un certain nombre de termes classiques ont acquis un sens religieux dans le contexte de la chrétienté (credo par exemple) qu'ils n'avaient pas à l'époque antique.
Le latin, langue vivante
Jusqu'au , les thèses de doctorat, qu'elles soient de médecine ou de n'importe quelle autre science devaient être publiées en latin. Pour ce faire, les doctorants payaient parfois et souvent très mal un étudiant latiniste pour exécuter la traduction.
La langue de l'Eglise catholique reste et demeure le latin. Cela ne va pas sans difficultés. Déjà au temps du concile Vatican II, Yves Congar o.p., expert au concile, s'emploie à corriger la copie de ses collègues afin qu'ils s'expriment dans un latin fluide et contemporain. Par ailleurs, son Journal du Concile (CERF, 2000) témoigne qu'il donne, en catimini, des notes à l'expression latine des divers évêques et cardinaux.
Le latin n'est plus enseigné aujourd'hui, en tant que langue vivante, que dans les universités ecclésiastiques romaines (la Grégorienne, l'Augustine, etc.) et dans les séminaires dépendant de la Fraternité Saint-Pie X, qui ne reconnaît plus l'autorité romaine.
Lors du conclave de 2005, un des derniers enseignants actifs dans une université ecclésiastique romaine a indiqué que seuls deux cardinaux, dont celui qui fut élu pape, le comprenaient encore lorsqu'il s'adressait à eux en latin.
Pour aider à une meilleure qualité du latin écrit chez ceux de ses représentants qui doivent encore le pratiquer, le Vatican entretient un service du latin moderne et contemporain.
Soixante mille mots ou expressions ont été ajoutés au latin ces deux derniers siècles, afin de permettre l'expression sur tous les sujets contemporains (puissance nucléaire se dit par exemple vis atomica), ce qui lui confirme le statut de langue vivante, contrairement à une opinion répandue.
Il existe une méthode Assimil de latin, qui commence ainsi:
- Latíne lóqueris? - Parles-tu latin ?
- Nondum latine loquor. Hæc léctio mihi prima est. - Je ne parle pas encore latin. C'est ma première leçon.
- Cito latíne loquéris. - Tu parleras bientôt.
On insiste avec raison sur la nécessité d'accentuer correctement.
Le latin et l'Union Européenne
Assimil
Le latin est aussi utilisé de temps en temps dans le contexte de l'Union européenne, lorsque le multilinguisme officiel n'est pas applicable. Afin de montrer son attachement à son modèle culturel pluraliste, l'Union Européenne a alors recours, pour de courtes et simples inscriptions, à la langue latine, qui souligne son glorieux passé (voir photo).
Classification
Le latin est une langue indo-européenne appartenant au groupe italique, même si cette appartenance a été contestée par certains linguistes. Plus précisément, on classe le latin parmi les langues italo-falisques.
Répartition géographique
Statut officiel
Le latin est toujours aujourd'hui la langue officielle de l'Eglise catholique. La langue officielle du Vatican est quant à elle le français avec, de facto, l'italien.
Langues dérivées
Les langues romanes sont dérivées du latin.
Ecriture
Les romains sont les créateurs de l'alphabet latin, qui comportait, à l'époque classique, les lettres suivantes :
Les lettres K, Y et Z sont rares. Y et Z ont été ajoutées pour transcrire les mots grecs et K était initialement utilisé pour C devant A et les consonnes, mais a progressivement été éliminé.
Prononciation
Prononciation ancienne restituée
On connaît avec précision la prononciation du latin classique, grâce aux nombreux témoignages laissés par les auteurs latins et au moyen de la méthode comparatiste. L'une des modifications les plus importantes depuis l'indo-européen est le rhotacisme (passage de /s/ à /r/ dans certaines conditions ; principalement entre voyelles). La prononciation d'une langue n'étant pas figée, tant que le latin a été parlé, ses phonèmes ont évolué. On indique ici les évolutions les plus flagrantes :
- æ (diphtongue) : initialement // puis // (à partir du ) ;
- au (diphtongue) : // ; cette diphtongue, hormis dans certaines prononciations dialectales, s'est conservée tout au long du latin ;
- c : /k/ (toujours dur) ; dans les inscriptions archaïques (et dans le prénom Caius), c pouvait servir à noter /g/ ;
- ch : // (aspiré, comme en grec ancien) ;
- g : /g/ (toujours dur) ;
- h : initialement /h/ (comme en anglais ou en allemand) puis très rapidement muet (dès les premiers textes littéraires) ;
- i : note à la fois la voyelle /i/, longue ou brève, et la spirante /j/ (/jj/ entre deux voyelles) ; dans les éditions scolaires, quand i vaut /j/, il est souvent écrit j, distinction que les Romains ne pratiquaient pas (pour cause : la lettre j n'est apparue que bien après) : ils écrivaient I en toute position ;
- m : /m/ ; très rapidement muet en fin de mot (avec vraisemblablement une nasalisation de la voyelle précédente ; ce traitement est survenu avant la période littéraire) ;
- œ (diphtongue) : // puis /eː/ (à partir du ) ;
- ph: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- qu : // ;
- r : /r/ (roulé) ;
- s : toujours /s/ ; le latin ne connaissait pas le son [z], remplacé par /r/ (rhotacisme) ;
- th: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- u : note à la fois la voyelle /u/ et la spirante /w/ ; la distinction entre u et v en minuscules est relativement récente et ne s'emploie que dans les éditions scolaires. Les Romains écrivaient V en toute position ;
- y : /y/ (emprunté au grec ancien) ;
- z : /zz/ (long ; emprunté au grec).
Chaque voyelle (a, e, i, o, u, y) peut être brève ou longue. Le latin antique était une langue à accent de hauteur aussi dotée d'un accent d'intensité secondaire.
Prononciations modernes
[En préparation]
Grammaire
Morphologie
La morphologie du latin est celle d'une langue hautement flexionnelle.
Système nominal
L'article complet se trouve dans Déclinaisons latines.
On compte dans le système nominal autant les noms que les adjectifs, qui suivent des flexions proches, sinon similaires.
La flexion nominale comporte :
- deux nombres comme en français : singulier, pluriel ;
- trois genres : masculin, féminin et neutre (rare en français, conservé seulement dans les pronoms quoi, que) ;
- cinq types de déclinaisons pour le nom
- deux classes d'adjectifs : la première correspond aux déclinaisons 1-2 du nom, la seconde à la déclinaison 3 du nom;
- les degrés de l'adjectif comparatif (plus beau, moins beau) et superlatif (très beau, le plus beau, le moins beau), marqués par des suffixes : -ior (classe 2), -issimus (classe 1) (mais nombreuses exceptions)comme melior, pessimus, pejor...;
- le latin classique comporte six cas : nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif, ablatif. Le roman, issu du latin au Moyen Âge et ancêtre du français, n'en comporte plus que deux.
Système verbal
L'article complet se trouve dans Conjugaisons latines.
Le verbe se conjugue selon :
- quatre types de conjugaison ;
- deux voix (active et passive), avec le cas particulier des verbes déponents (forme passive mais sens actif) ;
- six modes (infinitif, indicatif, subjonctif, impératif, gérondif et participe) ainsi que des formations secondaires comme le supin et l'adjectif verbal ;
- six temps (présent, imparfait, futur simple, sur le radical du présent, et parfait, plus-que-parfait, futur antérieur, sur le radical du parfait).
Pronoms personnels
La liste complète se trouve dans Liste des pronoms en latin.
Lexique
Le latin et les autres langues indo-européennes
- Le vocabulaire commun
Comme toute langue indo-européenne le latin possède un certain nombre de mots en commun avec ses langues sœurs.
AGNUS "agneau" correspond au slave ancien AGNĘ "agneau" qui s'est conservé dans toutes les langues slaves moderne, comme ЯГНЁНОК "agneau" en russe. De même le grec AMNOS "agneau" est un ancien AGNOS. Le breton OAN "agneau" remonte à un ancien AGNOS.
à compléter...
Que devient le latin quand il se fait français ?
Un mot latin peut avoir engendré un mot français qui est son direct descendant, c'est le cas pour ALA "aile" qui devient AILE, AMARE "aimer" AIMER, BARBA "barbe" BARBE, CARPA "carpe" CARPE.
Dans d'autre cas la situation n'est pas si simple et le mot a évolué : AQUA "eau" donne EAU mais après une longue évolution qui a fait prendre au mot la forme ÈVE dont dérive le mot ÉVIER qui est en quelque sorte le doublet populaire de AQUARIUM. FERIRE "frapper" a donné FÉRIR qui est maintenant hors course. FAGUS "hêtre" se voit évincé par un mot germanique et CRUS "jambe" ne se retrouve qu'indirectement dans CRURAL. LAETITIA "joie" a engendré LIESSE mais seul le linguiste comprendra aisément par quel long processus. MACULA "maille" a fait une petite glissade de sens et NATIS "fesse" qui a donné NACHE n'est compris que par certains vieux grand-pères. PATER "père" revient en force dans l'argot et QUATUOR "quatre" dans l'opéra.
On en perd forcément son latin.
Exemples
Voir aussi
Liens internes
- Déclinaisons et Conjugaisons latines
- Liste des pronoms en latin
- Étymologie latine
- Expression latine et Liste des proverbes latins
- Linguistique
- Rhotacisme
- Dictionnaire des langues
- Langues par famille
- Langues indo-européennes
- Langues italiques
- - langues romanes
- Méthode latine ;
Liens externes
- [http://www.pesaro.com/latino/ Le latin contemporain]
- [http://www.obta.uw.edu.pl/~draco/docs/voccomp.html Le vocabulaire de l'informatique]
- [http://cafe.rapidus.net/ghiginio/NotaeNet/N_0.html Vocabulaire français-latin moderne], avec grammaire orientée pour le thème.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/latin.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire latin-français/français-latin.
- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81/ Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://miroir.mrugala.net/Arisitum/adihaf/latin.htm Cours de latin]
-
Catégorie:Langue morte
Catégorie:Langue liturgique
Catégorie:Langue véhiculaire
als:Latein
ja:ラテン語
ko:라틴어
simple:Latin language
th:ภาษาละติน
zh-min-nan:Latin-gí
Alphabet als:Alphabet ko:자모 문자 ms:Aksara ja:アルファベット simple:Alphabet th:อักษร
Catégorie:Linguistique Catégorie:Écriture Catégorie:Symbolique
Catégorie:Symbolique Un alphabet (de alpha et bêta, les deux premières lettres de l'alphabet grec) est un ensemble de symboles utilisé pour représenter plus ou moins précisément les phonèmes d'une langue.
Chacun de ces symboles, ou graphème, est appelé une lettre ; chaque lettre, en théorie, devrait noter un phonème. Certaines lettres peuvent recevoir un ou plusieurs diacritiques afin d'étendre le stock de graphèmes si celui-ci est insuffisant pour noter les sons de la langue ou permettre d'éviter les ambiguïtés. De la même manière, un alphabet peut être étendu par l'utilisation de digrammes ou encore de lettres supplémentaires.
Les évolutions phonétiques d'une langue se produisant à un rythme différent de l'évolution écrite, l'écriture alphabétique ne garantit en aucune manière une correspondance un à un entre les phonèmes et les graphèmes : en français, /s/ peut se noter ç, s, ss ou t. A contrario, s peut se prononcer /s/, /z/ ou être muet. Certaines langues, comme le hongrois, ont toutefois une écriture quasi-phonétique. Dans la majorité des cas (hormis pour le hongrois), ce sont des langues écrites depuis peu dont la transcription au moyen de signes alphabétiques a fait l'objet d'une recherche planifiée.
Histoire
Les deux premières lettres de l'alphabet grec, alpha α et bêta β, ont pour origine les deux premières lettres phéniciennes : le coup de glotte et /b/, dont le nom signififiait vraisembablement « taureau » et « maison » dans cette langue.
Le premier alphabet de l'histoire est celui d'Ougarit, d'ailleurs déjà classé dans l'ordre alphabétique levantin. Il est suivi par celui des Phéniciens, dont les descendants sont nombreux : aussi bien l'écriture arabe que l'alphabet latin.
Françoise Briquel-Chatonnet (chargée de recherche au laboratoire des études sémitiques anciennes, CNRS-Collège de France) a proposé en 2005 l'histoire des alphabets suivante :
──o Écritures protosémitiques
├─o Protosinaïque ()
├─o Ougaritique ()
? ?
| └─o Phénicien ( - )
| ├─o Paléo-hébreu (, remplacé au par l'Hébreu carré)
| ├─o Punique
| ├─o Araméen ()
| | ├─o Hébreu carré ()
| | ├─o Écritures d'Asie centrale (Sogdien, Ouïgour, Mongol, Mandchou, etc.)
| | ├─o Karoshti ()
| | ├─o Brahmi (milieu du )
| | ├─o Nabatéen ()
| | └─o Syriaque ( ap. J.-C.)
| | :
| | └─o Arabe ( ap. J.-C.)
| └─o Grec ()
| ├─o Étrusque ()
| | └─o Latin ( - )
| ├─o Copte ( ap. J.-C.)
| ├─o Géorgien (début du ap. J.-C.)
| ├─o Arménien (début du ap. J.-C.)
| └─o Cyrillique ( ap. J.-C.)
└─o Écritures arabiques (début du )
├─o Nord-arabiques (Safaïtique, Thamoudéen, etc.)
└─o Sud-arabiques
├─o Himyarite
└─o Éthiopien ( ap. J.-C.)
Évolution de certaines lettres dans l'histoire et les civilisations :
Image:Abce proto A.png|Évolution du A.
Image:Abce proto B.png|Évolution du B.
Image:Abce proto E.png|Évolution du E.
Alphabets
Alphabet français
Pour écrire le français, on utilise l'alphabet latin moderne avec les vingt-six lettres suivantes : a A, b B, c C, d D, e E, f F, g G, h H, i I, j J, k K, l L, m M, n N, o O, p P, q Q, r R, s S, t T, u U, v V, w W, x X, y Y, z Z.
Cet alphabet fondamental est enrichi par :
- des signes diacritiques :
- l’accent aigu ´ (diacritique le plus courant, mais uniquement sur le e dont il modifie très sensiblement la phonétique en le rendant non caduque),
- l’accent grave ` (très courant sur le e qu'il allonge, et sur le a et le u dans quelques mots courants dont il précise le sens sans en modifier sensiblement la phonétique),
- l’accent circonflexe ˆ (assez courant sur le a, le e et le o dont il peut modifier la phonétique en les fermant ou les allongeant suivant les régions, et résiduel en voie d'obsolescence sur le i et le u où il symbolise une ancienne lettre amuïe, et maintenant complètement disparue au plan phonétique),
- le tréma ¨ (sur le e pour éviter la formation d'un digramme vocalique ou d'une diphtongue comme dans Noël, ou sur un e muet pour forcer la prononciation d'une voyelle précédente qui autrement resterait muette dans un digramme consonnantal comme dans aiguë, sur le i de quelques mots comme haï pour les mêmes raisons mais parfois remplacé dans d'autres mots par un h muet avant le i, sur le u de mots assez rares comme capharnaüm et de noms propres, là aussi pour éviter la formation d'un digramme vocalique, et parfois sur le y de certains noms propres comme l'Haÿ-les-Roses).
- la cédille ¸ (assez courante, mais uniquement en français sous le c pour en garder la prononciation avant les voyelles a, u ou o, par exemple le mot ça et les mots et conjugaisons dérivés des verbes en -cer).
- Consulter à ce sujet Diacritiques utilisés en français ;
- Curieusement, les claviers français, utilisés sous Windows, ne permettent pas d'accentuer un E majuscule (pas d'accent aigu en touche morte) ou d'indiquer la cédille sous un C majuscule, ce qui oblige à un certain nombre de contorsions pour rédiger un texte décent (ou à utiliser par exemple un autre clavier comme le clavier suisse romand ou canadien, ce qui est encore plus pénible à l'usage car les ponctuations sont toutes déplacées de même que certaines lettres de l'alphabet principal). Les systèmes d'exploitation Mac et Unix (ou Linux) ne connaissent pas ce problème, il suffit de se mettre en mode de verrouillage majuscule et d'appuyer sur la touche de la lettre accentuée (mais on doit alors maintenir quand même la touche majuscule enfoncée pour taper les chiffres de la première rangée si on n'a pas de pavé numérique séparé, ce qui est contraire à l'usage dactylographique français, et nécessite une adaptation et peut même ne pas s'avérer pratique pour certains utilisateurs de portables, habitués à taper les nombres sans devoir maintenir une seconde touche enfoncée) ;
- des ligatures :
- des ligatures orthographiques : æ et œ (considérées comme des digrammes, car provenant de l'amuïsssement ou la contraction de deux syllabes en une seule) ;
- des ligatures esthétiques : ct, et, ff, ffi, ffl, fi, fl, ft, st et tt (d'usage courant en typographie, elles ne sont toutefois pas considérées comme des lettres distinctes au plan orthographique, sémantique ou éthymologique) ;
- des graphies consonnantales :
- des digrammes consonnantaux insécables : ch, gu, ge (avant a, o, u), ph, qu (avant e), sh (dans certains mots importés de l'anglais), sch (dans certains mots d'origine germanique) ;
- des digrammes consonnantaux sécables, affectant la prononciation : ss ;
- des digrammes consonnantaux sécables, souvent introduits par mutation orthographique d'un préfixe, et n'affectant normalement pas la prononciation de ce préfixe : ff, gg, ll, mm, nn, pp, rr, tt ;
- des consonnes le plus souvent muettes en fin de mot, souvent requise pour leur fonction grammaticale ou pour des raisons éthimologiques : d (en fin de mot), lt (après au, eau), p (muet après a, o), s, t (sauf après e), x (muet après au, eau, eu) ; ces consonnes sont souvent mutables pour former les accords (x devient s, f devient v) ;
- des graphies semi-vocaliques :
- une semi-voyelle formant des diphtongues : y (utilisée au lieu de ill après a pour former des diphtongues distinctes) ;
- un trigramme semi-voyelle sécable, formant des diphtongues après un son voyelle, ou parfois isolément après une consonne : ill (forme préférée à y)
- des graphies vocaliques :
- une voyelle le plus souvent muette en fin de mot, souvent requise pour sa fonction grammaticale ou lexicographique : e (normalement toujours muette après é, i, u, sauf en cas de formule emphatique accentuant exagérément le féminin ; son ajout après une consonne finale provoque la mutation cette consonne, muette ou non, en une autre consonne non muette, ou parfois en digramme consonnantal sécable).
- de nombreux digrammes ou trigrammes vocaliques (subissant parfois des mutations orthographiques et souvent phonétiques) issus d'anciennes diphtongues, ou d'une réforme de l'écriture de la nasalisation (après la disparition du tilde diacritique) :
- ai, aî, ain, aie, an (mutable en am avant les consonnes b, p, m), au, ay,
- ee (dans des mots importés de l'anglais), ef (dans le mot clef), ei, ein, en (mutable en em avant les consonnes b, p, m), er (en fin de verbe), et (en fin de mot), eu, ez (en fin de mot ou de verbe conjugué),
- in (mutable en im avant les consonnes b, p, m),
- on (mutable en om avant les consonnes b, p, m), oo (dans des mots importés de l'anglais), ou, œu
- un (mutable en um avant les consonnes b, p, m) ;
- des digrammes ou trigrammes de fausses diphtongues : oi, oî, oy (sauf avant une voyelle), oin (sauf avant une voyelle).
En français, à la différence d'autres langues, les signes diacritiques ou les combinaisons de lettres (digrammes et ligatures) ne sont pas pris en compte dans l'ordre alphabétique primaire, ou dans les jeux de lettres (mots croisés, scrabble, etc.) ; ces différences d'accents ou de ligatures sont prises en compte seulement au niveau ternaire, c'est à dire après le niveau secondaire (différences de casse), considéré plus important, et qui suit le classement alphabétique principal des mots selon les 26 classes de lettres.
Alphabets récents et de transcription
Les langues dont la notation écrite est récente (nombre de langues africaines), celles dont l'écriture n'est pas latine voire alphabétique (mandarin, japonais) ou celles dont l'écriture est ambigüe et nécessite une explicitation phonétique dans le cadre de textes didactiques sont le plus souvent écrites ou transcrites au moyen de signes alphabétiques (latins pour l'essentiel). Ainsi, certaines langues africaines sont écrites au moyen de l'alphabet pan-nigérian, des langues purement orales le sont de plus en plus grâce à l'alphabet phonétique international (qui permet de noter plus ou moins bien toutes les langues), une langue à écriture non alphabétique comme le mandarin peut être transcrite en pinyin et l'on utilise en phonétique historique des langues romanes la transcription de Bourciez, toutes écritures alphabétiques.
On se reportera à la liste des méthodes de transcription pour plus de détails.
Autres alphabets
- Alphabet arabe (abjad) ;
- alphabet araméen (abjad) ;
- alphabet arménien ;
- alphabet avestique ;
- bopomofo ;
- alphabet braille ;
- alphabet copte ;
- alphabet cyrillique (certaines langues slaves) ;
- alphabet de l'espéranto ;
- alphabet étrusque ;
- alphabet gotique ;
- alphabet grec ;
- alphabet géorgien (mxedruli et asomtavruli) ;
- alphabet glagolitique ;
- hangul ;
- alphabet hébreu (abjad) ;
- alphabet latin ;
- alphabet linéaire (ou proto-cananéen ou encore proto-sinaïtique, bien que tous ces termes ne soient pas exactement équivalents) ;
- alphabet mandéen (abjad) ;
- alphabet Morse ;
- alphabet nubien ;
- alphabet ougaritique (abjad ou alphabet, selon l'interprétation qu'on en fait) ;
- pehlevi (abjad) ;
- alphabet phénicien (abjad) ;
- alphabet nabatéen (abjad) ;
- alphabet radio ;
- alphabet runique ;
- alphabet syriaque (abjad) ;
- alphabet thaï ;
- tifinagh (abjad).
Note :
- on a classé dans cette liste des écritures qui ne sont pas réellement des alphabets mais des abjads, c'est-à-dire des écritures ne notant que les consonnes ou principalement les consonnes, souvent nommés de manière courante alphabets. On se reportera à l'article en question pour plus de détails. Dans ces écritures, de plus, les lettres ont plus ou moins tendance à changer de forme selon le contexte ;
- les alpha-syllabaires ─ écritures notant les consonnes accompagnées d'une voyelle fondamentale par un seul signe mais indiquant les autres voyelles par un signe annexe ─ sont recensés dans leur propre article, bien qu'on les nomme souvent mais improprement aussi alphabets. Dans ces écritures, les lettres changent souvent de forme selon leur place dans la syllabe ;
- le fonctionnement du hangul en fait une écriture très originale mais bien alphabétique : les phonèmes sont visuellement regroupés par syllabe mais les blocs syllabiques créés ne constituent pas des graphèmes indépendants.
Alphabets informatiques
- Unicode
- ASCII
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