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Union Des Républiques Socialistes Soviétiques

Union des républiques socialistes soviétiques

L'Union des républiques socialistes soviétiques (Союз Советских Социалистических Республик), ou lUnion soviétique, ou URSS (СССР (prononcer "essessserre") en russe), était un État qui exista de 1922 jusqu'à sa dissolution en 1991. L'URSS s'étendait de la mer Baltique à la mer Noire et à l'océan Pacifique, c'est-à-dire toute la partie nord de l'Eurasie, et reprenait à peu près le territoire de l'ancienne Russie impériale, à l'exception notable de la Pologne et de la Finlande. Le territoire de l'URSS varia dans le temps, et était composé, avant sa dissolution, de 15 républiques. La Russie était, de loin, la plus importante de ces républiques, tant du point de vue de sa surface que de sa population et est actuellement considérée comme l'héritière de l'URSS du point de vue diplomatique. La formation de l'URSS fut le résultat de la révolution russe de 1917, qui mit fin au règne du Tsar Nicolas II. L'organisation politique du pays était définie par le seul parti autorisé, le Parti Communiste de l'Union Soviétique. Le capitalisme d'État fut le régime qui caractérisa le pays de sa naissance à sa dissolution.
Les facteurs ayant provoqué la fin de l'Union soviétique furent essentiellement la dégradation de l'économie alliée à l'émergence de forces démocratiques et centripètes dans l'Union, auxquelles le régime essentiellement centralisateur et bureaucratique fut incapable de trouver une réponse.

Géographie de l'URSS

Durant son existence, l'URSS était sans doute le pays/empire le plus étendu que le monde ait jamais connu (22 402 200 km²), à l'exception possible de l'Empire mongol à son apogée. C'était également l'un des pays les plus variés, avec plus de 100 ethnies différentes présentes sur son territoire. La population totale était estimée à 288 millions en 1990. L'Union soviétique était si étendue que, même après son effondrement, la Russie - qui succéda à l'URSS - demeure le pays le plus étendu du monde (devant le Canada), et reste un pays très diversifié, avec des dizaines de minorités telles que les Tatares, les Oudmourtes et bien d'autres ethnies non russes.

Histoire de l'URSS

La Révolution russe et l'entre-deux guerres

Des révolutions à la guerre civile (1917-1921)

Dès le , la Russie tsariste connaît une agitation révolutionnaire qui va en s'aggravant après 1905 et la défaite russe dans le cadre de la Guerre russo-japonaise. L'agitation politique culmine en 1917 suite aux pénuries causées par la Première Guerre mondiale et aboutit à la chute du gouvernement impérial et à l'abdication de Nicolas II en mars 1917 suite à la Révolution de février.
Malgré la mise en place d'un gouvernement à visées démocratiques, l'agitation continue. Les bolchéviques, parti révolutionnaire représentant les soviets et mené par Lénine, renversèrent le gouvernement provisoire lors de la Révolution d'octobre1917.
Pendant la période entre 1917 et 1922, l'empire se scinda en républiques "soviétiques" dont le principe de fonctionnement était le centralisme démocratique basé sur les soviets. L'organe législatif était le soviet suprême tandis que le pouvoir exécutif était entre les mains du bureau politique du parti bolchévique (le Politburo). La plus importante des républiques, et celle qui se considérait comme l'héritière de l'empire, était la république socialiste soviétique de Russie, qui recouvrait le territoire actuel de la Russie et dont le politburo était formé par Lénine, Trotsky, Staline, Kamenev et Nikolai Krestinsky, Lénine en étant le véritable leader. La jeune république bolchévique décida de se sortir de la Première Guerre mondiale en concluant une paix séparée avec l'Allemagne. Un armistice conclu en décembre 1917 aboutit au traité de Brest-Litovsk en mars 1918 qui consacrait en pratique la défaite de la Russie qui cédait au vainqueur la majeure partie de l'Ukraine, la Biélorussie, les Pays baltes et la Pologne (la majorité des territoires cédés seront récupérés après la défaite allemande, sauf les Pays baltes et la Pologne).
Le pouvoir des bolchéviques était cependant fragile, et jusqu'en 1921, la guerre civile combinée à l'intervention ouverte des états occidentaux fit rage, provoquant des millions de morts.
Le communisme de guerre (1918-1921)
Pour faire face aux problèmes posés par la guerre civile et l'offensive militaire de pays étrangers (Allemagne, Angleterre, France), et afin d'assurer l'approvisionnement des villes et de l'armée, Lénine décrète le "communisme de guerre", dont les mesures essentielles sont :
- Nationalisation des industries et du commerce
- Production planifiée de manière centralisée par le gouvernement
- Stricte discipline pour les travailleurs (les grévistes pouvaient être fusillés)
- Travail obligatoire des paysans
- Interdiction de l'entreprise privée
- Réquisition de la production agricole au-delà du minimum vital pour les paysans
- Rationnement et centralisation de la distribution de nourriture Les éléments de la dictature se mettent aussi en place à cette époque :
- Création de l'Armée rouge : recrutés d'abord sur la base du volontariat, les soldats subissent ensuite la conscription
- Mise en place d'une police politique et de tribunaux d'exception, chargés d'arrêter et de juger les ennemis du régime et les "blancs" (partisans de la monarchie)
- Le parti communiste devient peu à peu parti unique
- La censure de la presse et de la radio, qui tombent dans les mains du parti
- La IIIe Internationale (ou Komintern) devient l'instrument du pouvoir. Les partis communistes étrangers doivent être inféodés à Moscou et obéir aveuglément. Les révolutions de 1919 en Allemagne et en Hongrie, ainsi que les grèves dans la plupart des pays européens font penser aux soviétiques que la Révolution devient mondiale. Mais l'écrasement des Spartakistes et la démission de Bela Kun mettent fin à ces espoirs. Grâce au communisme de guerre, Lénine et le parti communiste parviennent à se maintenir au pouvoir. Ils remportent la guerre civile et le danger d'une restauration monarchique est écarté.
La police politique
La survie de l'État dépendait beaucoup d'une surveillance de ses citoyens par la police politique. Dès 1917, la Tcheka fut fondée, pour prendre ensuite les noms de GPU (Guépéou), OGPU, MVD (
Ministerstvo Vnutrennih Del), NKVD (Narodnyi Komissariat Vnutrennih Del), et finalement KGB (Komitet Gosudarstvennoi Bezopasnosti). La police politique était chargée de liquider les "poux" et autres "agents capitalistes" avec des méthodes expéditives. Elle était aussi chargée de la traque des dissidents, de leur expulsion du parti et de leur jugement pour activités contre-révolutionnaires.

La naissance d'une nation (1921-1924)

Naissance de l'URSS
L'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) naît en 1922. Une constitution est rédigée en 1924 ; elle regroupe plusieurs républiques correspondant à un peuple. L'URSS était un État fédéral dans lequel chaque république est égale en droits. Les organes fédéraux soumis au Parti communiste contrôlent la défense, le commerce extérieur et les transports. Dans les faits la Tchéka et l'Armée Rouge surveillent étroitement ces républiques dont les présidents sont désignés par Moscou.
Les soviets
Le Parti Communiste de l'Union Soviétique (PCUS) devint rapidement le seul parti légal. Le pays était théoriquement gouverné par des
soviets élus démocratiquement au niveau régional et local. Néanmoins, en pratique, chaque niveau de gouvernement était dirigé par la branche correspondante du parti communiste (nomenklatura). La plus haute autorité législative était le Soviet suprême. Le plus haut organe exécutif était le Politburo.
La NEP (1921-1929)
Après la guerre civile (1921) et les nationalisations, le pays se trouve dans une situation humaine et économique désastreuse. La famine sévit (5 millions de morts) et les paysans se soulèvent contre les réquisitions. Lénine décide alors d'abandonner les nationalisations dans l'agriculture, et met en œuvre la NEP ou Nouvelle Politique Économique, d'essence capitaliste (celle-ci donnant droit à une propriété privée). Les réquisitions sont remplacées par un impôt en nature peu élevé.
Pour expliquer le passage à la NEP, Lénine dit que "[le pays] n'était suffisamment civilisé pour le socialisme", se référant au fait que la Russie était encore une société essentiellement agraire avec une base industrielle encore faible et ne correspondait donc pas aux critères permettant le socialisme. La NEP devait également rassurer les pays occidentaux capitalistes. La NEP atteint les résultats escomptés en permettant à l'économie de se relever des résultats désastreux de la guerre. La famine rampante disparut virtuellement et la classe paysanne s'enrichît. Les paysans aisés sont appelés les koulaks ; dans les agglomérations, les nepmen constituent une bourgeoisie riche.
La NEP était généralement considérée comme étant une mesure provisoire et était extrêmement critiquée par les marxistes purs du parti bolchévique. Ces derniers voyaient la NEP comme une trahison des principes socialistes et voulaient une économie intégralement planifiée.
Il semble que Lénine considérait que la NEP devrait être maintenue, mais à l'approche de sa succession, les oppositions au sujet de la NEP cristallisèrent les oppositions au sein du politburo.

La succession de Lénine (1922-1929)

Dès 1922, la santé de Lénine décline suite à des attaques cérébrales. La lutte pour le pouvoir opposa principalement Staline (que Lénine n'appréciait pas et redoutait même) et Trotsky (un "vieux de la vieille") notamment au sujet de la NEP. Le pouvoir se trouva peu à peu concentré dans les mains de Joseph Staline qui écarta Léon Trotski qui finit par être exilé. Il fut assassiné par un agent stalinien au Mexique en 1940. Après avoir réussi à éliminer toute opposition au sein du parti, Staline devint le dirigeant suprême de l'Union soviétique de 1929 à 1953, année de sa mort. Du point de vue politique, ce fut une période de dictature totalitaire.

Collectivisation et Planification économiques (A partir de 1929)

Abandon de la NEP
Staline ne forgea pas immédiatement sa doctrine au sujet de la NEP. Sans doute est-il exact de dire que ses changements d'opinion tenaient plus de la tactique politique que de la doctrine, ce qui lui permit de se débarrasser des uns et des autres.
En définitive, la "richesse" des Nepmen et des Koulaks l'amena à les considérer comme une nouvelle classe capitaliste rendue responsable de l'augmentation du chômage et de l'inflation.
Staline finit par se forger une doctrine qui excluait l'économie de marché tout en se concentrant sur le développement économique et industriel du pays.
La collectivisation des campagnes
À partir de 1929, Staline décide de supprimer la propriété privée dans les campagnes : le bétail, les outils, les terres doivent être mises en commun. Les moyens de production agricole sont regroupés dans les kolkhozes ou dans des sovkhozes.
Cette collectivisation forcée provoque des résistances : plutôt que donner leurs troupeaux, les paysans les abattent pour les consommer immédiatement. Face à ces émeutes, Staline accorde à chaque kolhozien un lopin de terre. Les koulaks doivent être éliminés en tant que classe. Entre 1929 et 1935 plus de deux millions de paysans sont déportés. Leurs biens sont confisqués.
La planification de l'économie
Il s'agissait de prévoir les activités économiques selon des plan quinquennaux et qui fixaient les objectifs obligatoires de production. Ces plans quinquennaux donnaient la priorité aux industries lourdes en laissant de côté les industries de consommation.
L'industrialisation de l'URSS
La Russie du début du XX siècle était encore très rurale et agricole. Staline voulait développer l'industrie lourde et faire de l'URSS une puissance économique majeure. Les moyens utilisés sont ceux d'une économie planifiée et centralisée et d'une organisation politique totalitaire :
- quotas extrêmement durs à remplir : les mineurs travaillaient de 16 à 18 heures par jour
- sanctions dures en cas de non réalisation des quotas, pouvant aller jusqu'à l'accusation de trahison
- utilisation de la main d'œuvre gratuite des prisonniers des goulags. Ils construisent des barrages (sur le Dniepr), des canaux (entre la mer Baltique et la mer Blanche ; canal Moscou-Volga ; canal Volga-Don). Les villes de Vorkouta, Norilsk, Komsomolsk, Bratsk, Balkhach et Magadan sont construites par les détenus.
- création de combinats industriels en Ukraine, dans l'Oural et en Sibérie.
- sanctions contre les mauvais ouvriers : instauration du livret ouvrier dès 1938 qui comptabilisait les retards et les absences. Selon certaines estimations, 127 000 travailleurs payèrent de leur vie la mise en place du premier plan quinquennal (de 1928 à 1932). Par ailleurs, l'allocation prioritaire des ressources à l'industrie, combinée à la diminution de la productivité agricole, provoqua de nouvelles famines. Le plan quinquennal fut cependant "bouclé" en 4 ans. De 1928 à 1932, la production de charbon avait doublé, celle d'acier avait triplé. Bilan de la politique économique en 1939 En dix ans, l'URSS a accompli un bond remarquable du point de vue industrialisation au détriment de la production insuffisante de biens de consommation et d'un niveau de vie médiocre de la population. Suite au second plan quinquennal, la production d'acier a grimpé à 18 millions de tonnes, celle de charbon à 128 millions de tonnes. Avant son interruption par la guerre, le troisième plan avait permis d'atteindre 18 millions de tonnes d'acier et 150 millions de tonnes de charbon. Certains estiment que sans cette industrialisation forcée, l'histoire de la seconde guerre mondiale aurait été différente.

la dictature de Staline (1929-1953)

Staline mît en place un système totalitaire sur lequel il régnait en despote absolu et reposant sur deux piliers : la propagande, mettant en œuvre une véritable culte de la personnalité (il était appelé le "petit père des peuples") et la répression, s'appuyant notamment sur Le NKVD, police politique toute-puissante.
Selon certaines estimations, entre 1921 et 1954, 3,7 millions de personnes furent condamnées pour des crimes contre-révolutionnaires; parmi eux, 600 000 furent condamnés à mort, 2,4 millions emprisonnés ou envoyés dans des camps de travail (les Goulags), et 800 000 condamnés à l'expatriation.

La Seconde Guerre mondiale - La grande Guerre Patriotique

L'industrialisation à marche forcée contribua à la victoire de l'URSS sur l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale (connue, en Union Soviétique et en Russie, comme la "Grande Guerre Patriotique"). L'Armée rouge réussit à arrêter l'avance à l'est des armées du Reich. Quoique l'Union Soviétique ait reçu d'importantes aides en armes et matériels des États-Unis, sa production de matériel de guerre était plus importante que celle de l'Allemagne du fait de l'importante augmentation de la production industrielle entre les deux guerres.

Le pacte Germano-soviétique et le déclenchement de la guerre

Afin d'assurer l'influence soviétique sur l'Europe de l'est, Staline conclut, le 23 août 1939, le Pacte Molotov-Ribbentrop avec l'Allemagne nazie. Il s'agissait d'un pacte de non-agression qui contenait une annexe secrète attribuant l'est de la Pologne, la Lettonie, l'Estonie et la Finlande à l'Union Soviétique, tandis que l'ouest de la Pologne et la Lituanie étaient attribués à l'Allemagne.
L'Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre, l'Union Soviétique suivant le 17. La Finlande ayant rejeté les prétentions territoriales de l'URSS, celle-ci envahit la Finlande le 30 novembre. La campagne fut difficile, mais par une paix signée à Moscou le 12 mars 1940, l'URSS obtenait l'annexion de la Carélie. Suite au déclenchement de cette guerre, l'URSS avait été expulsée de la Société des Nations le 14 décembre 1939.

Opération Barbarossa

Le 22 juin 1941, l'Allemagne rompt le pacte de non-agression et attaque l'Union Soviétique. L'invasion nazie prit l'URSS par surprise et dans un état de relative impréparation. Certains historiens estiment que les Grandes purges des années 1936-1938, au cours desquelles 40 000 officiers auraient été emprisonnés ou liquidés, ne sont pas étrangères aux premières difficultés de l'Armée rouge. Les troupes du Reich atteignirent les environs de Moscou en décembre 1941, mais avaient atteint leur extension maximale, des troupes devant aller consolider le flanc sud de l'attaque.

Le tournant de la guerre

Le tournant de la campagne fut la Bataille de Stalingrad en 1942 et 1943, que l'Armée rouge remporta après avoir perdu un million d'hommes. L'armée rouge avait dès lors repris l'initiative, surtout après la Bataille de Koursk en juillet 1943, et commença à regagner du terrain sur l'armée allemande. En avril 1945, l'Armée rouge pénètre Berlin, le 30 avril le drapeau rouge flotte sur le Reichstag, et la capitulation sans condition est signée le 8 mai.

L'impact et les suites de la guerre

L'URSS supporta l'essentiel de l'effort de guerre sur le théâtre d'opérations européen jusqu'à ce que les Alliés ouvrent un second front en Europe suite au débarquement en Sicile, en 1943, et en Normandie. Environ 28 millions de soviétiques perdirent la vie, parmi lesquels 17 millions de civils, et les infrastructures du pays avaient été virtuellement annihilées. Ceci explique peut-être partiellement l'attitude des soviétiques après la guerre, déterminés à punir les peuples ayant collaboré avec l'Allemagne et à occuper d'importants territoires. Des millions de lithuaniens, lettons, géorgiens, ukrainiens et autres minorités ethniques furent massivement déportés dans des goulags en Sibérie. Pendant la guerre, les négociations entre les Alliés aboutissent à la mise en place de deux zones d'influences, suivant les accords de Yalta et de Potsdam. L'Union soviétique met en place des régimes dits de « Démocraties populaires », qui lui sont dévoués dans les pays d'Europe centrale, y compris dans la partie de l'Allemagne sous son contrôle. La ligne frontière séparant cet ensemble de pays de l'Europe occidentale, et dénommée par les occidentaux Rideau de fer, est par la suite le théâtre de la Guerre froide

L'après guerre

La Guerre froide

Depuis 1945 et quasiment jusqu'à sa chute, l'Union soviétique sera opposée aux États-Unis dans ce qu'on appellera la Guerre froide, chacun des protagonistes essayant d'augmenter sa sphère d'influence au détriment de l'autre, et souvent des pays concernés.
L'URSS avait réuni, dans tout l'est de l'Europe, un ensemble de pays satellites (Tchécoslovaquie, République démocratique allemande, Hongrie, Pologne, Roumanie, Bulgarie, Albanie). Ces pays étaient regroupés au sein du Pacte de Varsovie. Les États-Unis avaient formé, avec l'Europe de l'Ouest, l'Organisation du Traité de l'Atlantique nord (OTAN).
Outre l'Europe, l'URSS et les États-Unis s'opposaient, souvent par "mouvements de libération" interposés, dans divers endroits du monde, notamment en Amérique du Sud et en Afrique.

La succession de Staline (Khrouchtchev)

Après la mort de Staline en mars 1953, Nikita Khrouchtchev devint Premier Secrétaire du Comité Central du Parti tandis que Gueorgui Malenkov devient premier ministre. Beria, le chef du NKVD, qui pouvait prétendre à la succession est arrêté en juin 1953 et exécuté peu de temps après, en décembre 1953. La nouvelle direction du pays déclara une amnistie pour certaines catégories de prisonniers et relâcha quelque peu le carcan qui enserrait les libertés publiques. Khrouchtchev consolida peu à peu son pouvoir personnel et pendant le 20 congrès du Parti Communiste, il prononça, le 25 février 1956, un discours sur "le culte de la personnalité et ses conséquences" au cours duquel il dénonça le culte de la personnalité entretenu par Staline ainsi que la dictature qu'il avait fait subir à l'URSS et les crimes de cette période. L'impact de ce discours fut immense et détruisit la légitimité des staliniens qui lui étaient encore opposés. S'ensuivirent de nouvelles mesures de démocratisation de la vie publique, la libération de dissidents, et la mise en place d'une économie plus favorable aux biens de consommation par rapport aux plans quinquennaux précédents. La même année, les troupes soviétiques réprimèrent dans le sang la révolution hongroise : de 25 000 à 50 000 Hongrois et 7 000 soldats de l'Armée rouge perdirent la vie, tandis que près de 250 000 Hongrois quittaient le pays. Cet événement fut, pour l'opinion occidentale favorable à l'Union Soviétique et au communisme, un premier choc sérieux. Khrouchtchev dut encore se défendre en 1957 contre les menées de staliniens voulant remettre son pouvoir en place, mais il les défit. On nota cependant que les prétendants écartés ne furent pas exécutés, comme du temps de Staline, mais simplement éloignés. Khrouchtchev devint enfin Premier Ministre le 27 mars 1958. La période de 10 ans qui suivit confirma cette nouvelle tendance : le pouvoir politique avait pris le pas sur la coercition pure et simple, le parti reprenant le rôle premier par rapport à la police secrète et à l'armée. Au cours de cette période, également, l'URSS confirma sa place de super puissance et défiait les États-Unis, souvent sur leur propre terrain. Cuba, pays socialiste supporté par l'URSS, devint le centre de cette opposition lors de la Crise des missiles de Cuba en octobre 1962. En 1957, les soviétiques envoyèrent dans l'espace le premier satellite artificiel, Spoutnik et le premier être vivant dans l'espace, Laïka. En 1961, Youri Gagarine, fut le premier homme dans l'espace, et en 1963, Valentina Tereshkova la première femme. Sans doute partiellement à cause de l'affaire des missiles, Khrouchtchev fut déposé lors d'une réunion du Comité Central du Parti le 13 octobre 1964.

Léonid Brejnev

Suite au départ de Khrouchtchev, Brejnev devient premier secrétaire du parti, Alexeï Kossyguine premier ministre et Anastase Mikoyan chef de l’État. Sous Brejnev, le régime soviétique se durcit à nouveau, la police politique (le KGB), dirigée par Iouri Andropov retrouvant la plus grande partie du pouvoir dont elle avait joui sous Staline, cependant sans les excès les plus terribles. Une des crises les plus graves de l'époque de Brejnev fut celle du Printemps de Prague en 1968, lorsque les tentatives de la Tchécoslovaquie d'introduire un "socialisme à visage humain" finit par être réprimée par l'Armée rouge, sans toutefois les excès de la répression de la révolution hongroise. Sur le plan international, le règne de Brejnev fut marqué par une certaine détente avec les États-Unis (avec notamment la signature de traités de limitation des armes et le traité d'Helsinki). En décembre 1979, Brejnev intervint en Afghanistan pour soutenir le régime communiste en place. Cet événement mit un coup de frein à la détente, provoquant un embargo par les États-Unis, la fourniture d’armements aux rebelles talibans et le boycott des Jeux Olympiques de Moscou en 1980. En mars 1982 Brejnev souffrit d'une crise cardiaque. Son pouvoir n’était plus que fantomatique et il mourut en novembre.

L'interrègne, Mikhaïl Gorbatchev et la chute de l'empire

Après la rapide succession de Iouri Andropov (1982-1984) et de Konstantin Tchernenko (1984-1985), deux vieillards dans la droite ligne de Brejnev, Mikhaïl Gorbatchev, un énergique dirigeant de 53 ans, devint Premier Secrétaire du Parti. Constatant la déliquescence du pays et de son économie, Gorbatchev tente tout d'abord de sortir son pays de l'impasse que devient la guerre froide. En effet, Ronald Reagan avait lancé un réarmement massif des États-Unis en orientant sa recherche et ses investissements vers des types d'armement à très haute valeur technologique, entraînant ainsi l'URSS, sous peine d'obsolescence, dans une course rapide qu'elle ne pouvait que perdre vu son retard technologique et son économie en grave crise. Gorbatchev initia donc avec Reagan une série d'initiatives qui aboutirent à une détente certaine et à la signature d'accords de désarmement. Gorbatchev obtint le Prix Nobel de la paix pour ces efforts en 1990. Cette époque fut marquée par la chute du Mur de Berlin. Se débarrasser de cette contrainte externe n'était cependant pas suffisant, et sans abandonner le dogme central du socialisme, Gorbatchev lança la Glasnost ("transparence", politique d'informations libres) et la Perestroïka ("restructuration", nouvelle politique sociale et économique), cherchant une voie intermédiaire entre les "traditionalistes" attachés au régime (la nomenklatura) et les "réformistes", tels Boris Ieltsine qui lui reprochaient la lenteur des réformes. Pourtant il était trop tard, et Gorbatchev ne réussit pas à corriger les failles qui minaient l'état depuis des décennies. En juin 1990, Boris Ieltsine, Président du Soviet Suprême de la république de Russie déclara la souveraineté de la Russie et démissionna du parti communiste. En août 1991, un putsch mené par des membres du gouvernement opposés aux réformes montra à quel point la position de Gorbatchev s'était fragilisée. Le complot échoua en partie grâce à l'intervention de Boris Ieltsine, le président de la république de Russie qui confirma de ce fait sa position de chef de file des réformistes. Au cours de l'automne 1991, tandis que les républiques constituante de l'URSS proclamaient, l'une après l'autre, leur indépendance sans que Gorbatchev se résolve à -ou ait la possibilité de- s'y opposer par la force, le gouvernement Russe prit peu à peu l'ascendant, reprenant, ministère par ministère les fonctions auparavant assurées par l'Union. Ainsi, Gorbatchev tout en étant président de l'Union Soviétique perdait peu à peu prise. En novembre 1991, le Président Russe Boris Ieltsine publia un décret qui interdisait le Parti Communiste d'Union Soviétique sur le territoire de la république de Russie. Le 8 décembre 1991, les chefs de la Russie, de l'Ukraine et de la Biélorussie publièrent une déclaration selon laquelle l'Union Soviétique était dissoute et remplacée par la Communauté des États indépendants (CEI). Gorbatchev était encore Président, mais sans pays et son pouvoir ne signifiait plus rien. Le 25 décembre 1991, Gorbatchev remit sa démission en tant que président de l'Union Soviétique et remit ses pouvoirs à Boris Ieltsine. Le jour suivant, l'Union Soviétique était officiellement dissoute.

Communauté des États indépendants

La Communauté des États indépendants, créée en décembre 1991, a comme membres les républiques suivantes : Arménie, Azerbaïdjan, Belarus, Kazakhstan, Kirghizstan, Moldavie, Ouzbékistan, Russie, Tadjikistan, Turkménistan, Ukraine et Géorgie. Il s'agit d'une union dont le projet ressemble à celui de l'Union Européenne sans que celui-ci ait beaucoup avancé.

Les nationalités en URSS

I. Introduction Peuplement : surtout à l'ouest (Europe) et au sud (Asie centrale). L'énorme espace de la Sibérie (13 millions de km2) est peu peuplé (25 millions d'habitants), mais présente un intérêt stratégique et économique considérable. Son peuplement est récent (20è siècle) et il est lié au système de camps de travaux forcés (appelé "Goulag"). Il s'agit d'un peuplement essentiellement slave le long de l'axe de chemin de fer du transsibérien. Système fédéral soviétique On a longtemps confondu "Russes" et "Soviétiques" (comme on confond souvent "Anglais" et "Britanniques", sans égards pour les Irlandais et les Ecossais). Les événements de ces dernières années ont contribué à dissiper cette confusion : les Russes n'étaient qu'une des nombreuses nationalités qui peuplaient l'URSS. Un "Soviétique" était un citoyen de l'URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques ) 1° organes centraux LEGISLATIF : L'Union possédait un parlement : le Soviet suprême, composé de deux chambres élues au suffrage universel : a) le Soviet des nationalités : chaque RSS (voir définitions plus loin) envoie 32 députés; chaque Région autonome 5 députés, et chaque District autonome 1 député) EXECUTIF : le président contrôle le conseil des ministres dirigé par le premier ministre. En URSS, les institutions de l'Etat étaient soumises au contrôle étroit du "Parti", c'est-à-dire le Parti Communiste d'Union Soviétique (PCUS). Ce contrôle était inscrit dans la Constitution soviétique. 2° Organisation fédérale a) L'URSS était composée de quinze REPUBLIQUES SOCIALISTES SOVIETIQUES, en abrégé : RSS correpondant aux quinze nationalités les plus importantes. La plus importante de ces quinze républiques, tant par la taille que par le nombre d'habitants était la République socialiste fédérative soviétique de Russie, en abrégé : RSFSR. b) Cette division n'est en fait pas suffisante pour rendre compte de la complexité du système : a l'intérieur des RSS on a découpé : - 20 REPUBLIQUES SOCIALISTES SOVIETIQUES AUTONOMES ou RSSA (16 en RSFSR, 1 en Ouzbekistan, 2 en Géorgie, 1 en Azerbaïdjan) : il convient de ne pas les oublier : des conflits ethniques à ce niveau se sont produits (exemple : la RSSA d'Ossétie du sud en Géorgie) - 8 REGIONS AUTONOMES - 10 DISTRICTS AUTONOMES (tous en RSFSR) Ce découpage était fait suivant des critères de nombre d'habitants. 3° Problématique des nationalités - l'examen des cartes montre que ce système formait une véritable mosaïque, très fragile. - il existait des tensions entre les Russes et les autres nationalités qui craignaient l'hégémonie russe - il existait une multitude de tensions entre les différentes nationalités (exemples : Arméniens/Azéris, Moldaves/ Gagaouzes, Géorgiens/Ossètes, etc.) - il existait une relation ambivalente entre les Russes et les nationalités slaves non-russes (les Ukrainiens et les Biéolorusses ) : il s'agit des trois républques à s'être engagées les premières dans la CEI (Communauté des Etats Indépendants - voir plus loin : IV. Désagrégation de l'Union soviétique ) - S'ajoutent à ces tensions les motivations politiques et économiques de l'Etat central. II. Histoire de la formation de l'Union soviétique ---------------------------------------------- Le problème posé par les nationalités en URSS ne s'explique que par le long de processus de formation de cet Etat. A. Des origines de la Russie à 1917 10è-11è s.Etat de Kiev (fondé par les Varègues, c'es-à-dire des Vikings appelés aussi "Rous") qui regroupe les Slaves de l'est. - chrétien de rite orthodoxe - importance des relations nord-sud : relations Baltique-Mer noire (=route commerciale vers Byzance) - fondation de Novgorod 12è s. déclin de l'Etat de Kiev. L'expansion du servage fait fuir les paysans vers le Nord-est. Création de villes nouvelles, parmi lesquelles Moscou (1141) 13è s. 1223 : invasion mongole (Khanat de la Horde d'Or). Les Mongols sont appelés "Tatars" par les Russes. 1240 : destruction de Kiev Les princes russes deviennent les vassaux des khans tatars attaques venant de l'ouest :féodaux catholiques suédois, allemands (chevaliers teutoniques qui considèrent les Russes orthodoxes comme des hérétiques L'expansion des chevaliers teutoniques est arrêtée à la bataille du lac Peipus. 14è s. Constitution d'un grand état-polono-lituanien, qui constituera logntemps un obstacle à l'expansion russe 15è s. affaiblissement définitif de la puissance des Tatars. Puissance grandissante des princes du petit état de Moscou. Le grand-duc Ivan III détruit la ville rivale de Novgorod. Après la chute de Constantinople, Moscou devient la capitale de la Chrétienté orthodoxe. 16è s. Le grand-duc Ivan IV "le Terrible" (1533-1584) est le premier à porter le titre de Tsar. - Il lance des offensives contre les Tatars de la Volga : il conquiert Kazan (1554) et Astrakhan (1556) (=territoire de l'actuelle RA de Tatarie). Cette expansion offre à la Russie son premier débouché sur une mer et permet de commercer avec la Perse en passant par la mer Caspienne. - l'extension du servage (manque de main d'oeuvre), provoque la fuite des paysans vers les marches de l'empire (on les appelle "cosaques" : mot turc qui veut dire "réfugié"), qui s'organisent en "république". Certains groupes de Cosaques deviennent cavaliers/navigateurs. Ils sont tolérés par les Tsars dans la mesure où ils servent l'empire en conquérant de nouvelles terres à l'est. C'est la conquête de la Sibérie : les Cosaques y agissent comme une sorte de trappeurs, suivis par les commerçants, puis par les fonctionnaires et officiers du Tsar. 17è s. nouvelle période d'affaiblissement : les Polonais attaquent la Russie à l'ouest. Ils occupent même Moscou) 18è s. Redressement de la Russie sous Pierre le Grand (1689- 1725) : - à l'est il repousse les Kazakhs au delà de l'Oural. - à l'ouest il fait la guerre contre les Suédois (accès à la Baltique ) et fonde Saint-Pétersbourg (1703), dont il fera sa capitale (1713) : fenêtre sur l'Occident, possibilité de commerce (fourrures) Remarque : Pour la première fois les Russes s'emparent de territoires peuplés de non-Russes dont l'organisation sociale et économique est plus évoluée que la leur: Scandinaves, Polonais, Allemands des pays baltes, catholiques ou protestants. Renforcement de la puissance militaire russe. L'Etat contrôle des territoires de plus en plus vastes : Catherine II étend la domination russe - en Crimée, jusqu' au rivage de la mer d'Azov, sur des populations tatares. Objectif russe : atteindre la Méditerranée. - en Biéolorussie et en Lituanie, par les partages du royaume de Pologne (avec la Prusse et l'Autriche). Sauf pendant une brève période sous Napoléon, la Pologne disparaît jusqu'en 1918. A PARTIR DE CE MOMENT LES TSARS PRATIQUENT UNE POLITIQUE DE RUSSIFICATION, C.A.D. L'INTERDICTION DE PARLER UNE AUTRE LANGUE QUE LE RUSSE EN PUBLIC, L'INTERDICTION D'IMPRIMER EN CARACTERES LATINS, PRIVILEGES ACCORDES A L'EGLISE ORTHODOXE : CETTE POLITIQUE ENTRAINE LE RENFORCEMENT DES SENTIMENTS NATIONAUX. fin 18è s. - 1917 : L'objectif des Tsars reste d'atteindre des mers "libres" (c.a.d. libres de glaces l'hiver !) : - la Méditerranée - le Golfe Persique - l'Océna Indien 1° La Méditerranée: La russie aide les peuples slaves des Balkans et encourage leur nationalisme contre les turcs Ottomans. Le Tsar revendique constantinople, en tant que protecteur des chrétiens orthodoxes de l'empire Ottoman. La guerre de Crimée (1853-1856) contre les Turcs est un échec en raison de l'intervention franco-anglaise. Cet effort se poursuit durant tout le 19è siècle et au début du 20è siècle ("justifié" par la doctrine du panslavisme) : "question des Détroits" c.a.d. le détroit des Dardannelles, contrôlé par les Turcs, qui permet le passage de la mer noire à la Méditerranée. 2° Le Golfe Persique : A la fin du 18è - début du 19è siécle, la Russie s'étend aux dépens de la Perse et de la Turquie : Géorgie, Arménie et AzerbaIl fallut ensuite presqu'un siècle pour conquérir la montagne caucasienne , peuplée de tribus musulmanes (Tchètchènes, Tcherkesses, etc.) La Russie s'assure aussi le contrôle provisoire du nord de l'Iran (Anglais au sud) 3° L'Océan Indien: conquête plus facile par la cavalerie cosaque habituée à la guerre contre les tribus nomades : - 1845 -1880 : conquête des tribus kazakhes, de Tachkent, de Boukhara et de la Turkménie. Les Anglais s'inquiètent de voir les Russes se rapprocher de l'Inde : leur conflit larvé se termine par la création d'un état-tampon : le royaume d'Afghanistan (1907) L'OBJECTIF DES TSARS, C.A.D. S'ASSURER UN ACCES A DES MERS LIBRES N'EST TOUJOURS PAS ATTEINT MAIS A ABOUTI A LA CREATION D'UN IMMENSE EMPIRE COLONIAL B. De 1917 à nos jours 1° Formation de l'URSS (1917-1922) Le nouveau régime bolchévique, issu de la révolution, hérite de cet empire et de ses problèmes (nationalités). En 1914, Lénine parlait de "la prison des peuples". Le 25 avril 1917, le Soviet de Petrograd (//thèses d'avril) se prononce en faveur de l'autonomie nationale et culturelle :déception de la plupart de nationalités, qui attendaient d'avantage de la révolution. Le 2 novembre 1917, la "Déclaration des droits des peuples de russie" proclame "l'égalité et la souveraineté des peuples de Russie". VIIè Conférence du Parti. a) Thèses en présence avant et au début de la révolution 1) Lénine considère la "question nationale" comme un problème temporaire, son but étant la réalisation d'un Etat bolchévique (pouvoir du prolétariat), dans lequel la question nationale n'aurait plus aucun sens. Il adopte une attitude de modération, défendant le droit à l'autodétermination dans le cadre d'un Etat centralisé. 2) Staline (qui est un Géorgien) est partisan dès le départ du point de vue fédéral (celui qui l'emportera par la suite) Dans les faits : - droit à la sécession - autonomie régionale pour les nations qui ne se séparent pas de la Russie - lois garantissant les droits des minorités - unité du Parti. = fédération de républiques égales entre elles (Staline, contrairement à Lénine, est un opportuniste. Il est conscient du danger d'éclatement de l'empire. 3) Les "durs" du Parti : sont opposés à toute concession : le nationalisme est la manifestation des intérêts bourgeois. b) Désintégration de l'empire (1917-1918) 1) Auto-déterminations "protégées" - Pologne : en février 1917, aidée par les Allemands - Finlande : le 18 décembre 1917, les Bolcheviks reconnaissent l'indépendance de la finlande le 15 janvier 1918, le conseil des Représentants du peuple s'empare du pouvoir, appuyé par l'Armée rouge. Une intervention allemande écrase la révolution. - Pays baltes : gouvernements nationaux en 1918 sous les Allemands. Après la défaite allemande, installation de gouvernements soviétiques en Estonie et en Lettonie. Ils seront renversés avec l'aide des Britanniques. En Lituanie, révolution soviétique, suivie d'une union avec la Biélorussie. Ce régime s'écroule lors du retrait del'Armée rouge, battue en Pologne. 2) Auto-déterminations éphémères Les changements succesifs sont déterminés par la situation militaire : défaite russe face aux Allemands (1917), défaite allemande face aux Alliés (1918), défaite des Blancs face aux bolchéviks (1918-1920), défaite des Bolchéviks face aux Polonais (1920) - Ukraine : devient indépendante suite au traité de Brest-Litovsk (=état "fantoche" reconnu seulement par les empires centraux). Les communistes ukrainiens sont partisans d'un PC ukrainien séparé et d'une insurrection,mais ils doivent se soumettre à Lénine, qui ne veut pas d'ennuis avec les Allemands. (cfr. Traité de Brest-Litovsk) Défaite allemande : l'Armée rouge entre en Ukraine. Lénine adopte alors une double politique : - d'une part l'indépendance ukrainienne est respectée - intervention permanente en ukraine pour prendre le blé. Conséquence : guerre civile, qui débouche sur une annexion de fait de l'Ukraine. NB : en droit (terme juridique) l'Ukraine est restée indépendante sous le régime soviétique. (ex. siège à l'ONU) - Biélorussie: dans cette région le sentiment national était peu développé. Le gouvernement "fantoche" créé par les Allemands fait nénamoins progresser le sentiment national. Le 31 janvier 1919 est proclamée la RS de Biéolorussie. - Transcaucasie (Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan) : Octobre 1917, le "commissariat caucasien" réalise l'unité de la région. Mars 1918 : Par le traité de Brest-Litovsk, les Bolchéviques cèdent Kars, Ardahan et Batoum aux turcs. Création de la "République de Transcaucasie" : les Arméniens, les Azéris, les Géorgiens, opposés au traité de Brest-Litovsk, font sécession. Mai 1918 : Les rivalités nationales resurgissent, et provoquent l'éclatement de la République de Transcaucasie. Les Turcs envahissent l'Arménie et l'Azerbaïdjan. La Géorgie se place sousla protection des Allemands. Fin de la guerre : L'Arménie et l'Azerbaïdjan redeviennent indépendants. 1920 : Les soviets, qui ont besoin de matières premières (pétrole, ressources minérales) reconquièrent la région novembre 1920: l'Arménie appelle elle-même les Soviets à l'aide pour faire face à Kemal Atatürk. 1921: La Géorgie (gouvernement menchévik) est envahie. 3) Auto-déterminations dans le cadre de la Russie Dans un premier temps les Bolchéviks hésitent sur le type d'auto-détermination qu'il convient d'accorder. Suivant la situation locale, ils font preuve de souplesse et de pragmatisme. Ensuite, ils accorderont une auto-détermination restreinte. Donnons trois exemples : - Tatars-Bachkirs : Mars 1918 : les Blancs, associés aux dirigeants nationaux Bachkirs, détruisent la RS tataro-bachkire. Novembre 1919 : projet bolchévique d'autonomie très large, y compris une armée, dans le but d'attirer les autres musulmans. Mai 1920 : Une fois la guerre civile terminée, les Bolchéviks réalisent un projet définitif avec compétences très réduites de la RA ("inférieures aux droits que le Tsarisme en ses pires moments concédait aux minorités", selon un dirigeant bachkir). - Kirghizes : le territoire kirghize à forte colonisation russe, est le théâtre d'affrontements communautaires très violents entre Kirghizes et Russes. Les Kirghizes réclament une RA kirghize avec interdiction de toute colonisation future. Cette exigence est acceptée par les bolchéviks. - Turkestan : 1917 :double révolution qui oppose : -Bolchéviks russes locaux (ouvriers, soldats) -élites locales 1920 : Purge des communistes locaux (colons russes) et création d'une République autonome du Turkestan pour satisfaire les aspirations de la population locale. LES BOLCHEVIKS DE MOSCOU IMPOSENT LEUR SOLUTION LA OU ILS SONT EN POSITION DE FORCE ET CEDENT PROVISOIREMENT LA OU ILS SE SENTENT FAIBLES. c) Reconstitution d'un état soviétique (1918-1922) Devant la désagrégation de la Russie, les bolchéviks adoptent une première solution institutionnelle : 10 juillet 1918 : 1ère constitution soviétique = système décentralisé à base administrative territoriale (régions ou "oblasts" en russe, qui n'ont pas de rapport avec les nationalités. 1918-1922 : il existe deux possibilités d'intégration : - républiques ou régions autonomes intégrées à la RFSR - traités bilatéraux avec des républiques indépendantes, couvrant les questions économiques et militaires . Il s'agit de traités inégaux, qui placent les autres républiques dans un état de dépendance vis à vis de la Russie. En matière de diplomatie, la Russie parle bientôt au nom de tous les autres. Il existe des résistances à cette tendance au sein du PC lui-même (exemples de Sultan Galiev en Asie centrale et du PC géorgien) 1922-23 : Moscou veut imposer d'en haut un projet fédéral à toutes les républiques : tentative de réaction des Géorgiens face au pouvoir central : on les accuse de "fractionnisme" Lénine, pour ne pas aggraver les relations avec les autres nations, s'oppose au projet très centralisateur de Staline (républiques autonomes intégrées à la RSFSR) et prône une fédération de républiques égales entre elles. Staline cède sur ce point, convaincu que de toute façon, une formulation égalitaire ne changera rien à l'inégalité de fait : la Russie sera la tête de la fédération. Le 30 décembre 1922, l'URSS naissait du traité qui unissait la RSFSR + la Biélorussie + l'Ukraine + la Transcaucasie. DANS LE CONFLIT QUI OPPOSE LES COMMUNISTES DU CENTRE (MOSCOU) ET LES PARTIS COMMUNISTES NATIONAUX, C'EST LE CENTRE QUI L'EMPORTE ET IMPOSE UNE FEDERATION. 2° Politique des nationalités de 1922 à 1935 31 janvier 1924 : nouvelle constitution fédérale, très différente de celle de 1918. Points principaux de cette constitution du point de vue des nationalités : 2 chambres (Soviet de l'Union et Soviet des Nationalités : voir I : b) système fédéral soviétique, 1° organes centraux) organisation fédérale à 3 niveaux (voir I : b) système fédéral, 2° subdivisions fédérales) droit à la sécession Transformations culturelles et sociales dans le cadre de l'URSS 1) But du pouvoir soviétique : créer un "homme nouveau", l'homme socialiste, quelle que soit sa nationalité. a) transformations juridiques, surtout vis à vis de la communauté musulmane (qui a son droit, ses juges, ses tribunaux) (voir texte). L'efficacité de ces mesures est relative. Emancipation des femmes et des jeunes. b) Organisation de mouvements de "masse" (théoriquement "spontanés") : de femmes, de jeunesse (ex. femmes musulmanes dévoilées en rue, interdiction des mariages négociés par les familles) Réticences en Asie centrale sont à l'origine de manifestations publiques contre les femmes voilées et les "superstitions" religieuses. 2) Contenu donné aux "nationalités" par le pouvoir soviétique "La culture prolétarienne n'abolit pas la culture nationale, elle lui donne un contenu, et inversément la culture nationale... elle lui donne une forme."(Staline) Pratiquement, techniquement, une politique des nationalités pose de gros problèmes: a) Parlera-t-on de "nations" ou de "nationalités" ? unité de - langue (parfois nombreuses ou non écrites) - territoire (peuples dispersés) - économie - culture et traditions Quel critère choisir ? En fonction de quoi ? Il n'y a pas de problème pour les grandes nations (ex. Ukraine, Arménie, Géorgie..) mais comment distinguer les autres "nationalités" ? Le but de Lénine et des Bolchéviks est de simplifier, mais par peur d'oppositions éventuelles, ils travaillent aussi à diviser : 1) quelques exemples de la tendance à diviser : - Tatars et Bachkirs (= ancien Khanat de Kazan) utilisaient le tatar comme langue culturelle. Par crainte du PANTOURIANISME (=doctrine de l'union de tous les peuples turcs, en vogue depuis le milieu du 19è s.), les Bolchéviks décident de créer une langue bachkire écrite à partir du dialecte bachkir. - Ouzbeks et Tadjiks employaient le tadjik comme langue littéraire. En Ouzbekistan, il est remplacé par le Turc d'abord, par l'Ouzbek ensuite. 2) quelques exemples de la tendance à simplifier : - le Daghestancomporte 35 dialectes. Il y aura trois étapes dans les mesures adoptées par les bolchéviks - emploi de l'Arabe (mais crainte d'un danger musulman) - emploi du Turc Azeri (mais crainte du pantourianisme) - finalement choix de 11 langues officielles : c'est la tendance à diviser qui l'emporte. Le but des Bolchéviks est aussi de prouver la validité du système : on concède une identité natinale à des tribus de quelques centaines d'individus du Grand Nord et d'Extrème Orient. Lorsqu'il n'existe pas de langue écrite, on choisit l'alphabet latin et non cyrillique (=russe) pour les langues turques (// Kemal Atatürk). En 1931, 69 langues sont écrites en alphabet latin. Le but final est de neutraliser les différences dans le court terme et de les supprimer dans le long terme. 3° Politique des nationalités de 1935 à 1953-56 Cette période se caractérise par une révision historique qui remet à l'honneur la nationalité russe, y compris sous les Tsars (voir texte). Dans le domaine du cinéma, cette tendance se marque dans les films d'Eisenstein : "Alexandre Nevsky" et "Ivan le Terrible". Cette période débute alors que les autres problèmes, d'ordre économique, auxquels Staline voulait s'attaquer, sont relativement réglés (collectivisation). Au cours de cette période, le nationalisme était passé à l'arrière-plan. A partir de 1935 commence le "nettoyage intérieur" par des purges, qui éliminaient non seulement les élites russes, mais aussi les élites nationales, qui avaient cru à "l'indigénéisation" et qui sont dorénavant qualifiés de "nationalistes bourgeois" Sur le plan juridique et institutionnel ; la Constitution de 1936 affirme la composition fédérale de l'URSS et le respect du droit des groupes et des individus. En fait, il s'agit de la réalisation du projet initial de Staline (voir plus haut) Caractères principaux de cette révision : "Il ne s'agit plus d'une fédération d'égaux, mais du regroupement de nations faibles autour d'une nation forte." - Cette révision se manifeste dans tous les domaines de la vie publique (politique, culturelle, etc.) Staline veut procéder à une unification culturelle autour de la Russie.- Les républiques ne sont plus que des courroies de transmission du pouvoir central. ex. passage généralisé des langues nationales à l'alphabet cyrillique (sauf en Arménie et en Géorgie) : dorénavant tout le monde pourra lire le russe : porte ouverte au bilinguisme. - 1940-45 : la guerre impose un temps d'arrêt à cette politique de russification, même un certain relâchement au début de la guerre, nécessité par la fragilité militaire de l'URSS (ex. tolérance en matière religieuse) : il faut éviter que certaines nationalités ne collaborent avec les Allemands. - Dès que la victoire se profile, on assiste à un nouveau durcissement vis à vis des nationalités : le prétexte est fourni par certaines nations qui avaient, ou auraient soit disant, collaboré avec les Allemands (Tchètchènes, Ingouches, Tatars de Crimée, Karatchaï, Balkars, Kalmouks et Allemands de la Volga, déportés préventivement) Staline en tire la conclusion de la supériorité du peuple russe 3° Politique des nationalités de 1956 à 1985 a) Période Khrouchtchev Après la mort de Staline, Khrouchtchev dénonce les crimes de Staline lors du XXè Congrès du PCUS (1956) 1) sur le plan des nationalités, il prône le retour à l'égalit

État

L'État est une collectivité dont la structure est juridique, qui est délimitée par des frontières territoriales et constituée d'institutions lui assurant un pouvoir suprême (la souveraineté). D'après Max Weber dans Le Savant et le politique, « l'État est une entreprise politique à caractère institutionnel dont la direction administrative revendique avec succès dans l'application de ses règlements le monopole de la contrainte physique légitime sur un territoire donné », c'est-à-dire qu'il est le seul à pouvoir faire respecter les lois à travers l'armée, la justice et la police. L'État est la forme dominante du pouvoir politique mais elle n'est pas universelle. Pierre Clastres a montré qu'il peut exister des sociétés sans État, voire contre l'État : des sociétés primitives (par exemple les esquimaux) où il n'y a ni hiérarchie des pouvoirs, ni autorité. Cependant, cette forme de pouvoir politique ne peut s'appliquer qu'à de petites communautés. Un pays est une désignation géographique. La nation ne se confond pas avec l'État même si elle recouvre souvent l'ensemble de son peuple en Europe de l'Ouest (modèle de l'État-nation). Le gouvernement est l'une des institutions par lesquelles l'État exerce son pouvoir. « Nous entendons par État toute entreprise politique de caractère institutionnel lorsque et tant que sa direction administrative revendique avec succès dans l’application des règlements le monopole de la violence physique légitime ». Telle est la définition de l’État donnée par le sociologue Max Weber dans son livre posthume ‘Le savant et le Politique ‘. Définir l’État a toujours été source de conflit dans le monde académique. En matière de définition de l’État, le relativisme s’impose. L’État n’est qu’une forme d’organisation politique de la société. Il y a eu la ‘Polis’ grecque, l’’Imperium’ romain, le Saint Empire Romain Germanique… et il y a eu l’État. L’État est la forme d’organisation du politique qui s’est développée à l’époque moderne (c.-à-d. à partir de la Renaissance) en Europe occidentale, et il s’est ensuite exporté dans le monde entier jusqu’à devenir aujourd’hui le mode d’organisation politique dominant. Cependant, toutes les sociétés ne se sont pas organisées en États (Pierre Clastres parle de « sociétés sans État ») et l’État n’est pas partout le même. Il convient donc de s’attacher dans l’étude de l’État aux singularités et aux régularités du phénomène étatique (Georg Simmel). Par ailleurs, on peut appréhender l’État à un moment de l’histoire, mais ce n’est pas pour autant qu’il n’est pas né ou qu’il n’évolue pas. Il convient donc dans la tentative de définir ce qu’est l’État d’adopter une double perspective, à la fois synchronique (à un instant ‘t’) et diachronique (au fil du temps).

Perspective synchronique

Dans une approche synchronique, c.-à-d. à un instant 't', l'État peut être appréhendé au moyen du droit ou au moyen de la sociologie.

L’État in abstracto, perspective juridique

La théorie juridique a eu beaucoup de mal à définir ce qu'était l'État. Plusieurs écoles se sont affrontées sur ce terrain, on retiendra ici les trois grandes perspectives de l'approche juridique.

L’État de Puissance, Maurice Hauriou

La théorie de l'État puissance remonte aux ouvrages de Nicolas Machiavel, de Thomas Hobbes et de Jean Bodin. Dans cette approche, l'État est caractérisé par sa souveraineté interne et externe. L'État est un Léviathan dont la fonction est de maintenir l'ordre dans la société dont il assure la direction. Dans la théorie de l'État de Puissance, l'État incarne l'intérêt général et dispose alors d'un certain nombre de prérogatives qui émanent de sa souveraineté, notamment le pouvoir de créer le droit et de prendre des actes administratifs unilatéraux (AAU) qui s'imposent aux individus sans leur consentement. L'État dispose alors de la personnalité morale, il est une personne au même titre que le citoyen.

L’État de Droit, Hans Kelsen

Pour Hans Kelsen et l'école allemande de l'État de droit, ce n'est pas l'État qui produit le droit, mais l'ordre juridique (c.-à-d. la hiérarchie des normes) qui produit l'État. L'État ne serait alors que l'émanation du droit qui limiterait sa puissance d'arbitraire. Dans cette perspective, l'État n'est plus défini comme dans la théorie de l'État de Puissance par sa souveraineté, mais par son identification à un ordre juridique et sa soumission au droit. Cette théorie allemande de l'État de Droit a été reprise par Raymond De Carré De Malberg qui a essayé de transposer cette théorie en France. Pour assurer la pérennité du droit, il faut que la hiérarchie des normes juridiques soit garantie et qu'il existe un contrôle juridictionnel pour faire respecter cette hiérarchie des normes de façon à forcer l'État à respecter le droit. Ce contrôle juridictionnel de l'État existe depuis l'arrêt du Tribunal des conflits (TC), 1873, Blanco.

L’État de Service, Léon Duguit

Pour Léon Duguit, l'État n'est caractérisé ni par la souveraineté, ni par son identification à un ordre juridique. Pour Léon Duguit, l'État n'est qu'une coquille vide, il n'a pas de personnalité, ne peut disposer de droits subjectifs et ne saurait être en mesure d'imposer quoique ce soit à qui que ce soit. L'État est donc une coquille vide derrière laquelle se cachent des gouvernants - or rien ne garantit que ces gouvernants accepteront de limiter leur puissance pour toujours et continueront à se soumettre au droit. Ce qui justifie selon Léon Duguit l'existence de l'État c'est le Service public. L'État est en effet selon lui l'expression de la solidarité sociale. Les hommes, regroupés en sociétés, sont devenus de plus en plus interdépendants. Cette interdépendance a été accompagnée de la création de normes, et pour faire respecter ces normes, des dirigeants ont émergé afin de les faire respecter. Mais ces dirigeants ne restent dirigeants qu'aussi longtemps qu'ils continuent à se dévouer à la société et à l'organisation de la solidarité sociale au moyen du Service public. Pour Léon Duguit, l'État n'est alors que l'émanation de la société et non pas la conséquence d'une quelconque souveraineté de l'État ou d'un ordre juridique préexistant.

L’État in concreto, perspective sociologique

L'appréhension de l'État par le droit se fait essentiellement in abstracto, dans la théorie et la philosophie du droit. L'État tel que perçu par le droit est un État de papier, or, l'État est profondément politique comme nous l'apprend la définition de Max Weber qui perçoit l'État comme une entreprise politique. Pour appréhender l'État dans la réalité de son existence, il ne suffit pas de connaître les règles qui le régissent (Constitution, lois, règlements), il faut encore voir comment ces règles sont appliquées ou créées. C'est tout l'intérêt de l'analyse sociologique de l'État : examiner comment l'État fonctionne au concret. On prendra pour fil conducteur de cette section les grands moments de la définition de Max Weber dans Le Savant et le Politique.

L’État : une institution

L'État est avant tout une institution, il est à la fois processus et fruit d'un processus. L'État est une institution par excellence, il est issu d'un processus de construction théorique, et est en permanente construction lui-même. Il y a institution quand des régularités comportementales deviennent des règles, et qu'elles portent du sens. L'institution est à la fois univers de pratiques (les règles comportementales) et univers de sens (ces règles ont une signification propre qui justifient leur existence). Les institutions établissent toujours des relations entre des personnes : la mariage est une institution, il implique des règles à respecter, ces règles sont porteuses d'une signification et elles permettent à deux personnes de vivre une vie commune. L'institution commence à l'état de routines qui peu à peu deviennent des lois qui ne sont plus remises en cause, qui deviennent "normales", naturelles. L'État en tant qu'institution est lui-même composé de plusieurs instutions : ministères, directions, préfectures, délégations, administrations déconcentrées ou décentralisées... Chacune de ces institutions a une culture institutionnelle distincte - chacune de ces institutions est un univers de sens et de pratiques. L'État n'est donc pas un, ni unifié. Il est un espace où se développent et où s'affrontent des cultures et des logiques institutionnelles différentes. L'État est une institution d'institutions en interaction permanente.

Dont la direction administrative

L'État est dirigé par une administration. C'est une caractéristique essentielle de l'État, organisation politique née en Europe occidentale à l'époque moderne. L'État dispose d'un corps de fonctionnaires spécialisés qui travaillent pour lui et qui établissent un rapport d'autorité stabilisé entre les gouvernants et les gouvernés. L'État est composé de gouvernants élus et de fonctionnaires gouvernants (Jacques Lagroye), c.-à-d. que l'État est à la fois administratif et politique, avec une division sociale du travail (Emile Durkheim) entre ces deux personnels.

Revendique avec succès

La définition de Max Weber est une définition probabiliste, il ne dit pas ce que fait l'État, mais ce que l'État est censé faire. "Revendique avec succès" n'est pas la même chose que réussir. L'État est processuel, il évolue. La définition de Weber est une définition souple qui n'enferme pas l'État dans un carcan. Cette définition probabiliste rejoint la pensée de Weber sur le pouvoir qui n'est selon lui qu'une "chance de puissance". Cette dimension probabiliste est complétée par une dimension volontariste. L'État est une entreprise, c.-à-d. qu'il est en action, que ses dirigeants (fonctionnaires ou politiques) agissent, mais toujours avec cette double dimension de la réussite ou de l'échec.

Le monopole de la violence physique et symbolique légitime

L'État dispose du monopole de la violence physique légitime, la police, l'armée, le pouvoir d'enfermer ceux qui ont enfreint les lois, voire de tuer ceux qui menacent l'ordre public. Mais l'État dispose également d'une capacité à exercer une violence symbolique sur ses citoyens, ce que Pierre Bourdieu a appelé la "magie d'État". La violence symbolique renvoie à la capacité de l'État de catégoriser ses citoyens, grâce à un nom au travers de l'état civil ou un numéro d’immatriculation (comme le numéro de Sécurité sociale en France), ou dans ses tribunaux en les déclarant coupable ou innocent. Ces deux violences sont par ailleurs compatibles : l'appel sous les drapeaux pour défendre la patrie est un acte de violence symbolique (l'enrôlement dans l'armée pour défendre le pays) mais également physique puisqu'on est enrôlé pour tuer ou être tué.

Les différentes fonctions de l'État

Pierre Rosanvallon distingue quatre grandes fonctions de l'État:
- L'État Régalien

> faire respecter l'ordre à travers la police, l'armée et la justice.
- L'État Instituteur du social

> son rôle est d'unifier le pays à travers l'école (fin 19e siècle en France avec Jules Ferry).
- L'État-providence (1945)

> il a pour fonction de redistribuer les revenus grâce au développement de la solidarité avec la sécurité sociale.
- L'État Promoteur économique

> son action est de soutenir l'économie dans la droite ligne des idées de Keynes (politique de grands travaux, nationalisations). Depuis la fin des années 80, l'État perd de son pouvoir pour plusieurs raisons:
- Il se désengage de l'économie en privatisant les entreprises publiques, la Sécurité Sociale voit son rôle diminuer, la mondialisation augmente la contrainte extérieure et diminue le pouvoir d'intervention de l'État dans l'économie.
- Il n'intervient plus autant dans la prise de décision publique, il perd son pouvoir « par le haut », avec la construction européenne ; et son pouvoir « par le bas » , avec la décentralisation. Pour Daniel Bell, l'État est « trop grand pour gérer les petites choses et trop petit pour les grandes choses ».

Perspective diachronique

Sociogénèse de l’État

Naissance de l’État

La naissance de l'Etat, au sens large du terme coincide avec l'avenement de la civilisation. Pour la majeure partie de son existence, l'espece humaine, nomade, vivait de cueillette et de chasse. Ce style de vie s'est modifié environ 9000 avant J.C avec l'invention de l'agriculture. La pratique de l'agriculture a forcé les hommes a s'installer de façon permanente a certains endroits, près des zones qu'ils cultivaient. Ainsi, le contrôle de la terre est devenu un problème. Ainsi est née la propriété privée, et avec elles, les premières "guerres" sur les désaccords concerncant la propriété des terres. Dans certaines parties du monde, notamment la Mésopotamie et la Vallée du Nil, les conditions naturelles ont fait que les terres ont été concentré en peu de mains. Finalement, un petit groupe de gens a finit par controler les terres travaillées par de nombreuses personnes qui en dépendaient. Ainsi sont nés les premiers Etats primitifs. Certains politologues ou théoriciens de l'Etat ne les considèrent d'ailleurs pas comme Etat, car étant trop primitifs, sans infrastructures et lois. Ils préferènt le terme de "proto-Etat" Un des plus anciens code de lois, celui d'Hammurabi date d'environ 1700 ans avant J.C. C'était a cette époque le concept de "loi" , une des fondations de l'Etat moderne, a commencé a apparaitre. Mais, les gouvernants de l'époque étaient pour l'essentiel des "dieux-rois". Ainsi, les lois qui d'une certaine façon limitaient le pouvoir des monarques n'ont pas été très développés. Les cités-états de la Grèce antique ont été les premières a établir des états dont les pouvoirs étaient clairement définis par la loi (même si celles ci étaient facilement modifiables). Notons aussi que le concept de démocratie est par ailleurs né a Athènes. Beaucoup d'institutions étatiques trouvent leur origine dans la Rome antique qui a hérité ses traditions de la Grèce et qui les a développé par la suite. Cependant, la République Romaine finit par devenir un Empire, qui créa le concept d'Empire Univerself, soit l'idée que le monde devait être unis sous un seul Etat-Empire. La chute de l'Empire Romain et les grandes migrations ont changé la politique en Europe. Les royaumes barbares qui ont suivi étaient éphemeres et peu organisés et n'avaient que peu de ressemblance avec le concept moderne de l'Etat. Mëme le royaume de Charlemagne était chancelant. Sans la règle de primogéniture a été dissous en 3 royaumes par le Traité de Verdun en 843. Ceux-ci étaient plus de vastes possessions de Terre que de véritables royaumes. De nouveau, l'Etat est devenu l'expression d'une vaste possession de terre. L'absence de véritable successeur a l'Empire Romain a créé un vide politique en Europe. Les royaumes d'Europe Occidental étaient assiégés et régulièrement attaqués par des envahisseurs : les musulmans d'abord au Sud, des émigrants a l'Est, et enfin les invasions Vikings venant du Nord. A peu près au même, la religion, rarement plus qu'un simple facteur politique dans les anciens empires romains et grecs, a contribué ici a former un semblant d'unité au milieu d'une Europe politiquement dissipée. Cela a aboutit a reformé un cadre institué, le féodalisme qui régulait les conflits internes et aida l'Europe a faire face aux menaces extérieures. Ce système se manifesta entre autre par l'apparitions des croisades auxquelles plusieurs pays d'Europe participèrent ensemble. En 1302, le Pape Boniface VIII déclara même que le pouvoir politique exerçait ses prérogatives sous l'ordre des prêtres. Voila qui limitait les pouvoirs des rois et les forcçaient a jurer allegiance au Pape, la population des Etats étant très chrétiennes. Le Saint Empire Romain Germanique, une des plus fortes puissances de l'époque médiévale, apparu en tant que concurrent a l'autorité papale par la personne de Frederick Barbarossa qui a envahi l'Italie en clamant la sécularisation au milieu du 12ème siècle. L'affaiblissement de la papauté est un thème important du moyen âge: le schisme d'Occident a la fin du 14ème siècle (qui doit son origine a une dispute sur la succession papale) a été exploité par les autorités séculaires et a contribué a l'accroissement de leur pouvoir. L'emergence de longues dynasties stables aux larges territoires, par exemple en Espagne, en France, et en Castille, leur a permis d'obtenir un rôle a la fois plus important et indépendant politiquement qu'auparavant. Le passage a des états ainsi plus laïques est devenu un important point de controverse. Les grandes dynasties d'Europe ont consolidé fortement leur pouvoir aux alentours du 16ème siècle; en même temps, les menaces extérieures a l'Europe devinrent moins importantes. La Réforme eut un impact considérable sur la structure politique Européenne : le débat n'était pas seulement idéologique, il menaçait également les fondements d'institutions reposant sur le féodalisme. Le conflit qui s'ensuivit vit s'affronter les partisans d'un Etat affilié au Pape contre ceux qui souhaitaient un Etat libre de l'influence papale et séculaire, capable de décider de sa propre politique, interne mais aussi religieuse. Ces conflits ont culminé pendant la guerre de Trente Ans du 17ème siècle. En 1648, les puissances Européennes signaient le traité de Westphalie, mettant fin aux violences religieuses pour de simples motifs politiques et l'Eglise fut privé de pouvoir politique temporel, bien que la religion continua a servir de fondation a la légitimé des rois, en leur attribuant le "droit divin". Le principe du "cuius regio, eius religio" (chaque region sa religion) établit en Westphalie créa un précédent en établissant l'idée de statu quo et de la non ingérence d'Etats dans la politique d'autres Etats. L'Etat Moderne était né. L'Etat continua se développer alors que la noblesse et la bourgeoise amenerent et créerent beaucoup de richesses, accentuant le prestige économique, mais aussi culturel et politique des Etats. On assista même a une hausse du nombre des fonctionnaires et a l'émergence d'une bureaucratie balbutiante. Près d'un siècle et demi après la paix de Westphalie, l'Etat devient véritable moderne a travers le processus de la Révolution Française. La Grande Armée de Napoléon déferla en effet sur l'Europe, détruisant les féodalismes et les remplaçant par le concept d'État-nation, qui demeura de l'époque jusqu'a maintenant comme le systeme Etatique dominant, malgré les contestations internes et les différentes idéologies (comme le marxisme) des 19ème et 20ème siècles qui appeleront a dépasser le concept de nation. Aujourd'hui, les Etats-Nations se déclinent en toute une variété de modeles institutionnels et politiques, chacun définissant sa forme de gouvernance (fédéral, unitaire, présidentiel, parlementaire, constitutionnel, démocrate, dictatorial etc.) et son rapport a la religion (théocraties, laïc, reconnaissance ou non des cultes, etc.).

L’État : un relativisme culturel

Devenir de l’État

La Fin de l’État

Le marxisme identifie l'Etat à la volonté de la classe sociale dominante. Selon lui, la disparition des classes sociales entraine donc celle de l'Etat.

Vers un État post-moderne ?

Voir aussi


- Pays (État)
- Pays (territoire de projet en France)
- Étatisme
- Capitalisme d'État
- États des États-Unis d'Amérique

Liens externes


- [http://www.service-public.fr/ Service public français]
- [http://www.minefi.gouv.fr/minefi/chiffres/budget_etat/index.htm Le budget de l'État français]

International


- l'État en droit international

Bibliographie


- La République, de Platon
- L'Utopie, de Thomas More
- Le Léviathan, de Thomas Hobbes
- Le Prince, de Nicolas Machiavel
- L'Esprit des lois, de Montesquieu
- Contributions à la théorie de l'État, Carré de Malberg, 1921.
- [http://www.lariposte.com/article.php3?id_article=165 L'Etat et la révolution], de Lénine

Citations


- « L'État, c'est moi » (citation apocryphe attribuée à Louis XIV).
- « Si l'État est fort, il nous oppresse ; si l'État est faible, nous périssons. » Paul Valéry
- « Je m'en vais, mais l'État demeurera toujours. » (Louis XIV)
- « Tout dans l'État, rien hors de l'État, rien contre l'État. » (Benito Mussolini)
- « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » (Frédéric Bastiat)
- « L'État constitue le pur produit de l'émergence de la violence dans les sociétés humaines. » (Pascal Salin)
- «L'État, c'est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche: «Moi, l'État, je suis le peuple. »» (Friedrich Nietzsche)
- « Beaucoup trop d’hommes viennent au monde : l'État a été inventé pour ceux qui sont superflus. » (Friedrich Nietzsche)
- « La mission historique de la bourgeoisie est la création d'un État « national » moderne ; mais la tâche historique du prolétariat est d'abolir cet État. » (Rosa Luxemburg)
- « Qui donne aux pauvres prête à Dieu, qui donne à l'État prête à rire. » (Tristan Bernard) Etat Etat Etat Etat ja:国家 simple:State th:รัฐ


1991

Catégorie:1991 Cette page concerne l'année 1991 du calendrier grégorien.

Événements

France


- 10 janvier : France : vote de la loi Evin contre le tabagisme passif '
- 29 janvier : Démission du ministre français de la défense Jean-Pierre Chevènement, remplacé par Pierre Joxe.
- 26 mars : Violentes émeutes à Sartrouville de jeunes Français d'origine arabes.
- 15 mai : Renvoi du premier ministre Michel Rocard, remplacé par Édith Cresson.
- 31 mai :
  - La Cour de cassation condamne la pratique des « mères porteuses ».
  - La chaîne de télévision Canal+' prend le contrôle financier du club de football du Paris Saint-Germain.
- 27 juin : Un incendie à Barbotan-les-Thermes fait 20 morts.
- 9 juillet : Edith Cresson annonce une politique plus ferme à l'égard des demandeurs d'asile.
- 21 septembre : Valéry Giscard d'Estaing propose de substituer le « droit du sang » au « droit du sol ».
- En octobre : Violentes manifestations d'agriculteurs touchés par la baisse des cours.
- 10 octobre : Manifestations à Paris des infirmières, des assistantes sociales, des professionnels du spectacle.
- 7 novembre : Délocalisation de l'ENA à Strasbourg.
- 17 novembre : Manifestation à Paris de 400 000 professionnels de la santé.
- 24 novembre : Le rameur Gérard d'Aboville achève sa traversée du Pacifique
- 9 décembre : Traité de Maastricht, qui sera signé en février 1992.

Monde


- 6 janvier : Algérie, à Tamanrasset, signature entre le gouvernement du Mali et les représentants de la rébellion Touareg des accords mettant un terme à la rebèllion de 1990-1991.
- 16 janvier : Irak, l'opération
Tempête du désert débute.
- 17 janvier : Opération
Tempête du désert : intervention militaire alliée contre l'Irak (jusqu'au 28 fév) au Koweit.
- En janvier, Opération militaire soviétique contre les républiques baltes indépendantistes.
- 24 février : Début des opérations militaires terrestres contre l'Irak.
- 3 mars : Fin de la Guerre du Koweit, 1990-1991.
- 26 mars : Au Mali, un coup d'État militaire dirigé par Amadou Toumani Touré met fin à 23 ans de dictature de Moussa Traoré.
- 29 mars : Amadou Toumani Touré instaure au Mali un régime de «Transition démocratique» et prend la présidence du
«Comité de Transition pour le Salut du Peuple» (CTSP).
- 9 avril : Indépendance de la Géorgie.
- 16 avril : Accord frontalier sino soviétique (16-19 avr).
- 16 avril : Visite de Mikhail Gorbatchev au Japon (16-19 avr).
- : Publication de la troisième encyclique sociale de Jean-Paul II,
Centesimus annus, qui conclut à la défaite du communisme, tout en refusant d'y voir la victoire du capitalisme.
- 12 mai : Référendum dans la province serbe de Krajina (Croatie) pour le maintien dans la Yougoslavie.
- 19 mai : Référendum pour l'indépendance de la Croatie.
- 25 mai : Nouvelles émeutes dans les banlieues de grands ensembles (mai-juin).
- 31 mai : Signature d'un accord de paix en Angola.
- En mai :
Barton Fink de Joel et Ethan Coen remporte la Palme d'Or au Festival de Cannes.
- 12 juin : Élection de Boris Ieltsine comme président de la république de Russie.
- 14 juin : 700 morts dans l'éruption du volcan Pinatubo aux Philippines.
- 15 juin : Fondation du Bloc québécois.
- 16 juin : Pour la première année, la Journée de l’enfant africain est célébrée en souvenir du Massacre de Soweto.
- 25 juin : Indépendance de la Croatie.
- 26 juin : Indépendance de la Slovénie et de la Croatie : début de l'explosion de la Yougoslavie.
- 27 juin : Intervention militaire fédérale yougoslave (serbe en fait) en Slovénie.
- 28 juin : Dissolution du CAEM (COMECON).
- 1 juillet : Dissolution du Pacte de Varsovie.
- 9 juillet : après 30 ans de suspension, l'Afrique du Sud réintègre le mouvement olympique
- 19 juillet : Début de la guerre entre Croates et Serbes en Yougoslavie.
- 23 juillet : Fin de la guerre civile au Cambodge, désormais sous la protection des Nations unies.
- 29 juillet : Ouverture à Bamako (Mali) de la
«Conférence nationale» présidée par Amadou Toumani Touré, qui, en quinze jours, adoptera un projet de Constitution, un Code électoral, une Charte des partis politiques, ainsi qu'un texte sur l'état de la Nation !
- 30 juillet : Sommet américano soviétique à Moscou signatures des accords START (strategic arms reduction talks : 30-31 juil).
- 31 juillet : Signature à Moscou du Traité START entre l'URSS et les États-Unis, prévoyant une réduction de 30 % des armements nucléaires stratégiques.
- 19 août : Tentative ratée de Putsch communiste en URSS.
- 20 août : Rétablissement de l'indépendance de l'Estonie.
- 24 août : Indépendance de l'Ukraine.
- 25 août : Indépendance de la Biélorussie.
- 27 août :
  - Tornade à Maskinongé, Québec, Canada.
  - Indépendance de la Moldavie - Fête Nationale
- 30 août : Indépendance de l'Azerbaïdjan
- En août : Attaque massive de l'armée serbe en Slavonie occidentale (Croatie).
- En août : Indépendance des États Baltes.
- 8 septembre : Référendum sur l'indépendance en Macédoine.
- 11 septembre : Retrait d'une part des soldats soviétiques de Cuba.
- 19 septembre : Découverte de Ötzi l'homme des glaces.
- 23 septembre : L'Arménie proclame son indépendance
- 26 septembre : Référendum clandestin sur l'indépendance du Kosovo.
- 29 septembre : En Haïti, suite à un coup d'État militaire, le président Jean-Bertrand Aristide est déposé
- 5 octobre : Linus Torvalds diffuse la première version du noyau Linux.
- 11 octobre : Suppression du KGB.
- 15 octobre :
  - Référendum clandestin sur l'indépendance du Sandzak.
  - Vote du parlement Bosniaque sur la souveraineté.
- 21 octobre : Premières inculpations dans l'affaire du « sang contaminé ».
- 23 octobre : Retour du prince Norodom Sihanouk au Cambodge après un exil de 12 ans. Fin de la guerre au Cambodge.
- 30 octobre : Conférence de paix israélo-arabe, à Madrid, sous le parrainage des États-Unis et de l'URSS, et avec la participation de l'OLP, des israéliens, des Jordaniens et des Syriens.
- 4 décembre : Cessation d'activité de la compagnie états-unienne Pan Am (Pan American World Airways).
- 8 décembre : Minsk : La Russie, la Biélorussie et l'Ukraine créent la CEI, l'URSS est dissoute.
- 9 décembre : Traité de Maastricht, qui sera signé en février 1992.
- 21 décembre : Alma-Ata : fin de l'URSS : 7 autres républiques de l'URSS rejoignent la CEI : l'organisation se dote d'un conseil des chefs d'etat et d'un conseil des chefs de gouvernement, la Russie récupère les armes nucléaires de l'Ukraine, de la Biélorussie, du Kaz.
- 25 décembre : Mikhaïl Gorbatchev démissionne de son poste de 'président' de l'Union soviétique.
- 26 décembre :
  - Le Soviet suprême se réunit et dissout formellement l'URSS.
  - Succès du Front Islamique du Salut (FIS) aux premier tour des élections législatives en Algérie.
- 31 décembre : Fin de l'URSS, démission de Gorbatchev.
- Accord sur le Protocole de Madrid sur la Protection de l'Environnement concernant l'Antarctique après 2 ans de lobbying de la France et de l'Australie.
- Création de la CEI.
- Éruption du Pinatubo, aux Philippines, importante pluie de cendre, 700 morts.
- Fondation du Mercosur, marché commun du « cône sud » de l'Amérique.
- L'ONU passe à 186 membres avec l'admission des deux Corées, des 3 États baltes, de la Micronésie et des Marshall.
- Le Comecon et le Pacte de Varsovie sont dissous.
- Le prix Nobel de la paix est attribué à la birmane Aung San Suu Kyi.
-
Le silence des agneaux de Jonathan Demme remporte l'Oscar du meilleur film.
- Naissance du World Wide Web (WWW), la toile de l'Internet, qui ouvre ce réseau au grand public.
- Rentrée atmosphérique du complexe russe Saliout 7 + Cosmos 1686 au-dessus de l'Amérique du Sud après 9 ans en orbite.
- Argentine, Carlos Menem instaure la parité 1/1 entre le peso et le dollar.
- Guerre du golfe (du 18/01 au 28/02).
- L'équipe d'Australie est pour sa première fois championne du monde de Rugby.

Chronologies thématiques


- Aéronautique : 1991 en aéronautique
- Chemins de fer : 1991 dans les chemins de fer
- Cinéma : 1991 au cinéma
- Sport : 1991 en sport
- Musique :1991 en musique

Prix Nobel


- Prix Nobel de physique : Pierre-Gilles de Gennes
- Prix Nobel de chimie : Richard R. Ernst
- Prix Nobel de physiologie ou médecine : Erwin Neher et Bert Sakmann
- Prix Nobel de littérature : Nadine Gordimer
- Prix Nobel de la Paix : Aung San Suu Kyi

Décès en 1991


- 9 janvier : Georges Croisile, premier pacha du
France
- 11 janvier : Carl David Anderson, physicien, Prix Nobel de physique en 19363 septembre 1905)
- 20 janvier : Louis Seigner, comédien français, dans l'incendie de son appartement.
- 2 mars : Serge Gainsbourg, compositeur et chanteur (° 2 avril 1928)
- 16 mars : Govindan Aravindan, réalisateur indien
- 21 mars : Leo Fender (Clarence Leonidas Fender), industriel de la guitare (° 10 août 1909)
- : Martha Graham, danseuse et chorégraphe américaine (° 11 mai 1894)
- 3 avril : Graham Greene, écrivain anglais (° 2 octobre 1904)
- 16 avril : David Lean, réalisateur britannique (° 25 mars 1908)
- : Richard Thorpe, réalisateur américain
- 15 mai : Amadou Hampâté Bâ, écrivain malien
- 25 mai : Mgr Lefebvre, homme d'église (° 29 novembre 1905)
- 3 juin : Katia et Maurice Krafft, volcanologues français17 avril 1942 et °1946)
- 14 juin : Peggy Ashcroft, comédienne britannique
- 17 juillet : Miles Davis, trompettiste américain (° 25 mai 1926)
- 8 août : James Irwin, astronaute américain
- 3 septembre : Frank Capra, réalisateur américain d'origine italienne (° 18 mai 1897)
- 25 septembre : Viviane Romance, (Pauline Ronacher Ortmanns), 79 ans, actrice française.
- 25 septembre : Klaus Barbie, 77 ans (° 1913)
- 26 septembre : Miles Davis, compositeur et trompettiste américain (° 25 mai 1926)
- 7 novembre : Gaston Monnerville, homme politique français (° 2 janvier 1897)
- 9 novembre : Yves Montand, chanteur et acteur de cinéma (° 13 octobre 1921)
- 18 novembre : Gustáv Husák, homme politique tchécoslovaque
- 24 novembre : Freddie Mercury, chanteur compositeur anglais du groupe Queen5 septembre 1946)
- 9 décembre : Berenice Abbott, photographe américaine (° 17 juillet 1898) als:1991 ja:1991年 ko:1991년 simple:1991 th:พ.ศ. 2534


Mer Baltique

La Baltique ou mer Baltique est une mer épicontinentale située dans le Nord de l'Europe, reliée à l'océan Atlantique par la mer du Nord. Elle s'étend sur une superficie de 432 800 km². Deux golfes principaux intègrent cet espace : le golfe de Botnie au Nord et le golfe de Finlande à l'Est. Les pays qui bordent la mer Baltique sont :
- le Danemark à l'Ouest ;
- la Suède au Nord-Ouest ;
- la Finlande au Nord-Est ;
- la Russie, et les trois pays baltes (l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie) à l'Est ;
- la Pologne et l'Allemagne au Sud. Elle communique au Sud-Ouest avec la mer du Nord par le Kattegat et le Skagerrak.

Géographie

La Baltique est formée de grands bassins (bassin de la mer de Botnie au Nord des îles d'Åland notamment) reliés entre-eux par des seuils de hauts-fonds et d'îles (îles du Danemark, îles d'Åland). Sa profondeur maximale est 459 m dans la fosse Ouest-Gotland, au large de l'île de Gotland et proche des côtes lettones.

Les eaux

Voir aussi : eau de mer La marée est faible ou masquée par les oscillations climatiques (seiches, ondes de tempêtes). La Baltique est une mer peu salée. En effet, les apports d'eau douce des fleuves sont importants et l'évaporation naturelle est seulement égale ou un peu supérieure aux précipitations directes. La variation anuelle de la salinité représente le négatif des régimes fluviaux. C'est-à-dire que lors de l'étiage des fleuves, en février, la salinité de la mer est maximale ; alors qu'elle est minimale quand les fleuves ont un débit fort, en mai, à la fonte des neiges. De manière générale, les eaux de l'Est et de surface sont plus faiblement salées (détroits danois : 10 ‰, golfe de Botnie : 5 ‰). L'amplitude termale des eaux est importante : en été 16°C dans le Sud, 12°C dans le golfe de Botnie ; en hiver, la banquise recouvre le fond des golfes de Botnie et de Finlande, ainsi que de nombreuses côtes.

Le dynamisme marin

Les courants subissent largement les effets du vent. De manière générale, ils suivent un mouvement senestre, c'est-à-dire dans le sens inverse du mouvement des aiguilles d'une montre. Le courant longeant la péninsule scandinave sort de la Baltique vers la mer du Nord. C'est un courant de surface faiblement salé. Il atteint son débit maximal au printemps. De l'eau plus salée provenant de la mer du Nord entre en Baltique grâce à un courant plus profond qui longe les côtes méridionales. Les seuils freinent le renouvellement des eaux et le remaniment des fonds. En effet, il faut près de trente ans pour assurer le renouvellement total des eaux. Les êtres vivants (végétaux et animaux, dont le plancton) aussi communiquent peu avec les autres mers. Ces seuils favorisent pendant une grande partie de l'année, le rale